Maryline Mahieu, auteur/scénariste

01 mai 2007

ACTUALITES

Le court-métrage "LE BON COIN" réalisé par Laura RICHARD et issu d'un de mes scénario est fini !

Vous pourrez retrouvez la Bande-annonce sur la page facebook du film :

https://www.facebook.com/LE-BON-COIN-137315370422110/

 


Je vous annonce la publication, sur Amazon Kindle, de mon nouveau e-roman intitulé LE FAUX JUMEAU. Ce livre est une adaptation romancée de mon scénario de long-métrage "Hot-Future". Vous pouvez le lire via une application de lecture gratuite fournie par Amazon.

2,99 euros ! Faites-vous plaisir ! 

couverture bonne

https://www.amazon.fr/FAUX-JUMEAU-Maryline-MAHIEU-ebook/dp/B07NQNC92H/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1550328883&sr=8-1&keywords=Maryline+Mahieu

 

 


 

AFFICHE POUR LE NET

 

 

 

6 ans après sa réalisation, mon court-métrage "CAFE OLAY, CAFE OSEZ !" a été sélectionné le 12 octobre au "Festival International de courts-métrages" de Trégueux en Bretagne. Il a été projeté sur un écran de 24 m devant une salle de 600 personnes. Une très belle expérience. Beaucoup d'applaudissements et d'autographes signés par ma comédienne.

 

Et projeté le 8 mars 2019 à Bourg en Bresse dans le cadre des vendredis du court.

 

 

 

 

 

 


 

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Mon scénario "LE SERVICE" a été réalisé par Bruno HENRY en novembre 2018. Un drame social ultra émotionnel.
En fin de montage.

 


Mon scénario "LE BON COIN" a été réalisé en mai 2018 par Laura RICHARD. Une comédie sur la pêche et l'écologie.

Bientôt prêt !

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UN DE MES SCENARIOS DE COMEDIE (FORMAT NUMERIQUE) EST EN VENTE SUR AMAZON KINDLE

 

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MON PREMIER ROMAN "LA FOLIE DES ÂMES" EST EN VENTE SUR AMAZON POUR 2.99 euros.

7 juin 2016

 

 http://www.amazon.fr/dp/B01E5KDQ88


 

 

Posté par maryline mahieu à 12:52 - - Permalien [#]


14 mai 2008

LA THEORIE DU BANKABLE ET DU COUP DE COEUR

 

salle

 

Un film se monte en règle générale sur le nom d'un ou de plusieurs comédiens et/ou celui du réalisateur. En gros, quand on dit d'une personne qu'elle est "bankable", on dit qu'elle peut générer de l'argent.

La règle en vigueur est celle-ci :

1) Les financiers rassurés par la popularité d'un(e) acteur(rice) ou réalisateur(trice) investissent sur le film.

2) Le public qui aime les comédiens ou le réalisateur(trice) va plus facilement voir le film et donc, génère de l'argent qui permettra d'amortir le film et de créer des bénéfices qui pourront être réinvestis dans la production d'un nouveau film.

La réalité nous a montré à maintes reprises que la règle du "bankable" était loin d'être infaillible. L'histoire du cinéma est jalonnée de films qui ont été des gouffres financiers bien qu'ayant été montés sur des casting de rêve. Le fait est que public a boudé les histoires racontées dans ces films.

N'ayant pas la recette du succès, les financiers continuent malgré tout, à se cramponner à la théorie de la notoriété et de la bankabilité. Les artistes dont les films ont fait recette sont constamment sollicités au détriment d'autres, tout aussi talentueux.

Comment devient-on bankable ? Il suffit d'être dans le bon film au bon moment :

- Le public va voir un film
- il adore l'histoire
- il parle du film autour de lui
- le bouche à oreille se répand comme une traînée de poudre
- l'acteur(trice) qui jouait dans le fim voit sa cote de popularité grimper
- il(elle) devient un(e) "people" et sa bankabilité est assurée

A contrario, comment ne devient-on pas bankable ? Il suffit d'être dans un film qui n'a pas emporté l'adhésion du public et ce, même si l'on a très bien joué :

- le public va voir un film
- il n'aime pas l'histoire
- il ne fait pas de publicité pour cette histoire
- le bouche à oreille ne se fait pas
- l'acteur(trice) voit sa cote de popularité chuter

Si vous analysez bien la situation, vous réaliserez que le public adhère en premier lieu à l'HISTOIRE, pas au casting... 

A partir de là, on peut se poser la question de savoir si une belle histoire jouée par des inconnus attirerait autant le public que si elle était jouée par des acteurs connus ? Si ce film est accompagné d'une bonne campagne de communication, je pense que oui. 

Maintenant relevons le paradoxe suivant :

Si le public affectionne certains comédiens il ne se déplace pas toujours pour les comédiens qu'il affectionne.

Ce paradoxe est une vraie torture pour les financiers mais si vous êtes objectif, vous verrez que le problème est désarmant de simplicité : les gens se déplacent d'abord pour les HISTOIRES...

Il faut donc écrire et mettre en scène des histoires qui éveillent l'intérêt des gens !

C'est ainsi que l'on arrive à la deuxième théorie.

 


La théorie du coup de coeur

Les réalisateurs et producteurs français fonctionnent beaucoup sur ce paramètre. Le réalisateur veut souvent réaliser un sujet personnel et, de son côté, le producteur cherche "le coup de foudre" qui lui donnera l'énergie de se battre pendant des mois, voire des années pour le monter.

Parfois, et c'est une chance, le sujet personnel du réalisateur déclenche le coup de coeur du producteur et le projet démarre. Parfois, ce film fera l'unanimité chez le public, parfois non...

Le moteur de l'industrie cinématographique française est principalement l'affect. Hélas, nous savons tous que l'affect n'est pas toujours rationnel. Il est souvent trompeur et source de désillusions... 

Le coup de coeur du producteur pour un sujet se termine parfois en douche froide au regard du box-office. Le fait est qu'on préfère, en France, défendre un projet qui nous a plu personnellement qu'un projet susceptible de plaire à des milliers de personnes.  

Et je ne vous parle pas des distributeurs et des exploitants qui peuvent aussi faire obstacle, au regard de leur propre affect, à la production d'un film qui pourtant, s'il avait été réalisé, aurait rassemblé un large public...

Nous avons tous en tête des films qui sont sortis dans moins de 10 salles et qui méritaient plus que certains films au casting prestigieux, tirées à 500 copies et qui ont été des flops retentissants et des gouffres financiers.

Mon sentiment est que l'on n'attache pas suffisamment d'importance au désir du public. L'erreur récurrente est de faire des films pour "se faire plaisir".

N'oublions que le public est encore, à ce jour, celui qui rapporte le plus d'argent au cinéma...

 


Scénariste et bankabilité, la grande loterie...

Certains scénarios sont adaptés par le réalisateur (voire même par le producteur). De ce fait, un scénariste qui n'a pas l'ambition de réaliser voit ses histoires complètement transformées sur le plan conceptuel.

On peut dire que la bankabilité de l'auteur relève totalement du hasard :

1 - un film qui s'est écarté du scénario initial est un échec : le scénariste perd de sa crédibilité alors que son scénario a été complètement transformé. L'auteur souffre.

2 - un film s'écarte complètement du scénario initial mais le film est un succès : le scénariste devient bankable pour une histoire qui, au final, n'est pas la sienne. Il peut en jouer pour sa carrière ou en souffrir terriblement...

3 - un film colle parfaitement à l'esprit du scénario et le film est un succès. Non seulement la bankabilité de l'auteur est assurée mais en plus, il est fier de son travail.

4 - un film colle parfaitement au scénario mais le film ne marche pas. La bankabilité de l'auteur est remise en cause et il est déçu.

Comme vous le voyez, trois situations sur 4 peuvent rendre un auteur malheureux !

N'est-il pas préférable de devenir bankable pour une histoire que l'on a écrite que de l'être pour une histoire qui ne nous ressemble plus ?

Ne vaut-il pas mieux perdre sa crédibilité pour une histoire que l'on a vraiment écrite qu'être reconnu pour une histoire qui a été largement modifiée  ?

Deux questions importantes sur lesquelles méditer.  

Posté par maryline mahieu à 22:35 - - Permalien [#]

15 mai 2008

COMMENT LIRE UN SCENARIO ?

 Tout d'abord, soyons clair : un scénario n'est pas un roman.
On ne le lit pas pour s'évader mais pour évaluer s'il peut devenir un film lequel aidera le spectateur à s'évader. Nuance.

Le scénario est construit pour une oeuvre visuelle, pas pour une construction subjective et personnelle.

Je le souligne car bien des gens tendent à l'oublier. Ils commencent à lire et se perdent au bout de quelques pages. Ils se plaignent des descriptions sommaires, ne visualisent pas les personnages et parfois même, les confondent. Ils ne se repèrent pas dans les différents lieux et se perdent dans le déroulement des actions. Bref, ils se sentent frustrés et parfois comprennent l'histoire complètement de travers. 

Le fait est qu'un scénario, dépouillé de la matière descriptive et émotionnelle du roman, ne sollicite pas autant les émotions et l'imagination. Un scénario est avant tout un squelette et le principe du squelette est de ne pas avoir de chair !

En d'autres termes, le scénario n'invite pas forcément au fantasme. C'est au réalisateur de le faire naître par son talent de mise en scène.

N'avez-vous pas remarqué que certains paysages avec une certaine lumière font naître une émotion ? 

L'auteur écrit "Paul traverse une jolie campagne" et le réalisateur filme un endroit sublime dégoté par un repéreur exceptionnel. Il a eu la chance de saisir une magnifique lumière sur les arbres qui a fait dresser le poil au spectateur en plus de ce chant de rossignol inattendu saisi par le preneur de son.

L'auteur écrit "les larmes lui montèrent aux yeux" et le réalisateur dirige son actrice avec sensibilité pour que ses larmes soient crédibles et son visage bouleversant.  

ce que je veux dire c'est que la chair du film n'est pas forcément dans le scénario. Ce qui doit IMPERATIVEMENT y être, c'est le squelette avec sa tête, son torse et ses jambes.

Très sincèrement, rien n'est pire qu'un interlocuteur qui lit un scénario comme s'il lisait un roman. Il cherche un déferlement de sensations qui sont le lot du roman. 

Pour comprendre, vous devriez lire un roman puis le scénario qui en a été tiré. Le premier est conçu pour stimuler progressivement l'imagination et les émotions. Les actions se délient doucement. Le second est le lièvre qui court à l'essentiel.

Le roman fait 350 pages, le scénario qui raconte la même histoire en fait 90 !

On trace la route en script, on ne flâne pas, on suit des personnages, on multiplie les actions, on ne s'attarde pas sur le décor, sur une caractéristique physique ou sur une émotion à moins que cela ne serve vraiment l'intrigue. 

On décrit peu, on dialogue au plus juste, on fait rebondir l'intrigue et on tronçonne le tout en séquences qui commencent toutes par EXT/JOUR ou INT/JOUR !

Malgré sa présentation technique, le scénario reste une création artistique. Il est construit autour d'une HISTOIRE imaginée par un AUTEUR qui a une VISION et un UNIVERS.

Cet univers, nous espérons tous, nous auteurs, qu'il sera enrichi sur le plan visuel sans être déformé sur le plan conceptuel.

 


 LES TROIS NIVEAUX DE LECTURE D'UN SCENARIO

 

1 - technique 

2 - rythmique

3 - émotionnel

 

L'idéal est d'appréhender ces trois niveaux à la lecture et quelques lecteurs y arrivent.

 

Mais comment évaluer le potentiel d'un scénario de 90 pages en quelques minutes ?

  

Plusieurs outils existent pour donner une idée de l'histoire en un instant :

 

- Le pitch.

Il cerne le sujet du film en trois lignes. 

 

- Le synopsis.

Il donne le début, le milieu et la fin de l'histoire. Les trois axes sont légèrement alimentés sur quelques pages. Le synopsis donne une idée du rythme et de l'émotion.

 

- Le traitement non dialogué

 Je ne suis pas fan de ce dernier outil. Primo, sa lecture prend un certain temps; deuxio, ce n'est pas parce que vous listez tous les ingrédients d'une recette que vous savez faire un gâteau ! A moins de mettre les mains dans le saladier et de touiller la pate, vous ne saurez pas si elle deviendra la pâtisserie gourmande dont vous rêviez ! 

 

Le scénario intégral reste la meilleure représentation d'une histoire mais comment en prendre connaissance en moins d'une heure ?

 

En plus du pitch et du synopsis, on peut se faire une très bonne idée d'un scénario de 90  pages par un schéma spécifique.

 

 (article en cours de construction)

 

 

 

 

 

Posté par maryline mahieu à 10:44 - - Permalien [#]

COPYRIGHT OU DROITS D'AUTEUR ?

 

© 

Si le choix m'était donné, vu les conflits générés par le droit d'auteur, j'opterais pour le copyright.

Pourcentages sur les entrées en salles avant amortissement, après amortissement, % supplémentaires après un certain nombre d'entrées, pourcentages sur les ventes DVD, sur les ventes à l'étranger, pourcentage en cas de remake, etc... 

Le droit d'auteur est infiniment complexe et sujet à toutes les guerres. 

C'est ainsi que des intervenants, sous prétexte d'avoir donné 3 bonnes idées ou deux dialogues s'arrogent le statut de co-auteur et s'attribuent des minimums garantis (MG) qui font pâlir le scénariste lorsqu'il l'apprend.

C'est ainsi que des réalisateurs, ne s'estimant pas suffisamment rémunérés pour leur travail de réalisation, s'arrogent des droits d'auteur sur la part du scénariste en cas de diffusion télé. Le bulletin de déclaration délivré par la SACD demande aux auteurs de mesurer leur travail sur le scénario en termes de pourcentage et ce, en vue de leur rémunération sur les diffusions télé.

La part réalisation est de 40%.

La part scénario est de 60% (40% pour le scénario, 20% pour les dialogues). Elle revient aux auteurs mais bien souvent le réalisateur (même s'il n'a fait que diriger l'écriture) prendra un % - parfois conséquent - sur les 60%.

La logique voudrait que ceux qui méritent véritablement des droits d'auteurs soient ceux qui ont mouillé leur chemise sur le scénario. On peut avoir de bons dialogues et de très bonnes idées et être incapable de bâtir un scénario. Vous voulez une preuve ? Demandez à une personne qui se targue d'avoir de bonnes idées d'écrire 100 pages qui se tiennent au niveau rythme et de la dramaturgie. 

L'encre risque de sécher au bout de son stylo, croyez-moi !

Est-ce qu'un scénariste prend sur la part réalisation quand il a fourni deux ou trois idées de mise en scène géniale ? Non.

Est-ce qu'il demande un % sur la part producteur lorsqu'il trouve un ou deux décors gratuits ou à moindre frais ? Non. 

Alors pourquoi l'inverse se pratique t-il  ? Pourquoi essaie t-on de grapiller des pourcentages sur la part du scénariste ?  C'est simple :

1) pour avoir son nom au générique en tant qu'auteur,

2) pour toucher plus sur les diffusions télé,

3) pour payer moins de charges sociales (les auteurs en paient moins que les techniciens du spectacle).

En permettant aux producteurs et réalisateurs de s'arroger un statut de co-auteur, on a, et c'est bien malheureux, dévalorisé ce beau métier.

“Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées” dit, avec justesse, le proverbe Québécois.

 

Posté par maryline mahieu à 11:04 - - Permalien [#]

19 mai 2008

COURTS & CLIPS A VOIR

 GOTAN ROCK © 2015

Un tango rock de Philippe SERVAIN

 

Maryline Mahieu sur

ALICEMENT - Lorlanj

Réalisation du clip

https://www.youtube.com/watch?v=FFVvEtcIkz4

 

ALICEMENT

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QUELQUE CHOSE - Lorlanj

Réalisation du clip

"Quelque chose"

Dailymotion video

 

 

RENDEZ-VOUS de Yohann Gloaguen


(collaboration au scénario)

RENDEZ-VOUS from Yohann Gloaguen on Vimeo.

 

L'ACCOMPAGNATRICE de Franck Llopis

 
(idée, scénario et dialogues)


L'accompagnatrice par franckllopis

Posté par maryline mahieu à 14:23 - - Permalien [#]


31 mai 2008

LE PARCOURS DU COMBATTANT !

Avant la nouvelle vague, l'écrivain de cinéma était considéré, apprécié et respecté... La paternité d'un film lui revenait. On disait : "c'est un scénario de Jean Ferry, de Henri Jeanson, de Jean Manse, de Michel Audiard, de Jean Aurenche..." Aujourd'hui on dit : "c'est un film de..." et on cite le réalisateur. Le fait est qu'on admire davantage celui qui met l'idée en scène que celui qui l'a imaginée et développée...

En lançant la mode de l'auteur-réalisateur, la nouvelle vague a gommé l'apport créatif du scénariste. Et pourtant, nombreux sont les auteurs-réalisateurs qui font appel aux scénaristes pour les aider à structurer ou dialoguer un récit...

Hélas, ces auteurs sont souvent considérés comme de simples collaborateurs, pas comme des artistes qui méritent reconnaissance.

De ce fait, ils ne sont pas toujours traités, rémunérés et cités au générique à la hauteur du travail créatif effectué...

Ainsi, au lieu de dire : "Il n'y a plus de scénarios en France", on devrait dire :

"Il y a des réalisateurs qui ne sont pas toujours auteurs ou scénaristes" 

ou

"Les diffuseurs ne veulent que des films politiquement corrects (car tout film de cinéma soutenu par une chaîne ne l'est que si le sujet est "montrable" en prime time à la télé)

 Il me semble qu'il y aurait un peu plus de vérité dans ces deux formules. Le scénariste est sous le feu constant de ces deux paramètres et sa marge de manoeuvre en est très réduite. 

Notez aussi que beaucoup d'amateurs envoient des scénarios aux productions, ce qui fait que certaines sociétés reçoivent jusqu'à 400 projets et plus par an dont 90 % sont inexploitables au cinéma.  Les 10% restants ne seront peut être jamais découverts du fait de ces envois spontanés qui submergent les productions.

Nous pourrions dire aussi que trop de scénarios tue le scénario.

Pour écrire un scénario, il faut :

a) un sujet susceptible d'intéresser une majorité de gens et qui ouvre des pistes dramaturgiques.
b) une grande rigueur de travail et une grande persistance,
c) apprendre à transformer l'imaginaire en mots (le réalisateur fera le chemin inverse en transformant les mots en visuel)
d) une imagination féconde,
e) un sens aigu de la dramaturgie,
f) l'humilité : aptitude à prendre du recul sur son travail pour pouvoir l'améliorer.

Sans recul, le scénariste ne sait pas donner une valeur à son travail. En d'autres termes, il ne sait pas déterminer le moment où son texte est suffisamment abouti pour le donner en lecture. S'il le donne trop tôt, il risque un refus catégorique.

Les grands auteurs arrivent à écrire et à avoir en même temps du recul sur leur travail. Autrement dit, ils arrivent à lire leur texte avec le point de vue d'une autre personne et peuvent ainsi s'auto-corriger. Certains n'ont pas cette aptitude et demandent à des tiers (professionnels du cinéma ou non) de lire leur texte pour obtenir un avis. Certains autres laissent reposer le texte quelques temps puis le relisent avec un oeil critique. En construisant son histoire, le scénariste doit agencer les situations au plus près de la vie tout en amenant ce petit plus qui fait que non seulement on va approuver l'histoire mais qu'on va être emporté par cette fantaisie qui démarque les films du simple quotidien. Autrement dit, on va au cinéma pour voir les grands thèmes de la vie sous un angle différent et cet angle est parfois dur à trouver pour le scénariste. Il y a de multiples façons de traiter un sujet mais quand le scénariste choisit le traitement qui résonne le moins chez le spectateur, celui-ci décroche et se sent en furieux désaccord avec l'histoire. On a tous vécu cette frustration...

Cela dit, les goûts et les couleurs font que certains angles de traitement plaisent à certains spectateurs et pas à d'autres mais le but du scénariste est tout de même de trouver le traitement qui emportera l'adhésion du plus grand nombre.

La méthodologie scénaristique est très pointue. Tout le monde peut écrire mais tout le monde ne peut pas écrire un scénario... Il y a vraiment une mécanique à connaître et à maitriser. Le scénariste doit donc réussir, par un jeu de construction et de dialogues habiles à emporter l'adhésion du plus grand nombre de spectateurs. Hélas, du fait de la vision imposée d'images, les spectateurs sont toujours beaucoup plus exigents que les lecteurs...

 

Le travail des accords et désaccords

Dans un film, le spectateur va réagir émotionnellement aux images qui lui sont imposées et ce, en faisant un travail d'accords et de désaccords. Plus il est d'accord avec ce qu'il voit, plus il aime le film. Plus de désaccords il a, moins il adhère au film. Et plus de désaccords il a, plus il pense qu'il a raison et que le film est dans le faux et ce, même si des millions de personnes l'ont aimé. C'est ainsi que pour un même film, on peut avoir des critiques extrêmement négatives et d'autres dithyrambiques Et c'est ainsi que les meilleurs scénaristes peuvent, de temps à autre, viser à côté et bâtir des histoires auxquelles un minimum de spectateurs adhèrent... Il vient rarement à l'esprit du lecteur de roman de se dire "Moi, j'aurais dit ça à la place de l'auteur"... Vous savez pourquoi ? Eh bien, rares sont les lecteurs qui ont des vélléités d'auteur, ce qui n'est pas le cas en cinéma. Dans ce domaine, tout le monde veut être à l'origine d'une bonne histoire, d'une bonne scène ou d'un bon dialogue.. Certains producteurs ou lecteurs de comité vont comparer systématiquement ce que vous écrivez à ce « qu’ils auraient écrit eux » sur le même sujet. A partir de là, leur lecture est complètement faussée car l'histoire est lue à travers le prisme de leur univers à eux. Ils le lisent en se disant « moi, j’aurais dit ça », « moi, je serais parti dans cette direction là », "mon personnage se serait plutôt comporté comme çi  ou comme ça...

Le but, encore une fois, est de trouver le sujet qui plaira au plus grand nombre pas à UNE seule personne.

Posté par maryline mahieu à 11:58 - - Permalien [#]

26 août 2008

MA METHODE DE TRAVAIL

Ecrire, écrire, écrire...

En ce qui me concerne, je n'arrête jamais de peur que la "mécanique" se rouille. Quand je ne suis pas sur l'écriture d'un long, j'écris un court. Quand je ne suis pas sur un court, je suis sur un article de presse, quand je ne suis pas sur un article, je corrige mes textes existants... 

Et quand je n'écris pas, j'empile les idées dans mon disque dur cérébral !

L'écriture scénaristique, c'est comme le sport, ça se pratique quotidiennement, ça s'entretient, ça ne relève pas uniquement du talent, c'est une activité très technique. On n'est pas scénariste parce que l'on a une grande imagination, on est scénariste parce que l'on sait raconter une histoire sur 100 pages :

a) à partir d'une bonne idée ,
b) avec un début qui capte l'intérêt,
c) un milieu qui le soutient,
d) une fin qui récompense le spectateur d'être resté intéressé ! 

Il n'y a vraiment pas d'autre magie que cette recette.

  


 Comment me viennent les idées ?

Toujours par hasard. Je vois une situation, suis témoin d'une conversation et une idée germe dans mon esprit. Cette petite idée va devenir comme un gros aimant et attirer à elle d'autres idées. Pendant des jours ou des semaines je vais accumuler tellement de matière que je vais me sentir lourde comme du plomb et particulièrement irrascible... A ce moment là, il est urgent qu'un fil directeur sorte de cette énorme pelote et que je me mette sur le clavier ! Habituellement, dès que j'ai l'idée d'une scène d'ouverture, une scène de fin, un fil directeur se tend entre les deux scènes et toute ma matière accumulée sur les personnages et les rebondissements va se positionner sur ce fil.

Sans ces deux scènes, début et fin, il m'est impossible de développer quoi que ce soit.

 


Est-ce que je fais un synopsis ?

Pas quand j'ai toute la matière qui me permet de cibler mon début, mon milieu et ma fin. Sans fin, de toute façon je ne me lance pas dans un développement, que ce soit du synopsis ou du scénario.

Notez qu'un pitch de 3 lignes est très utile pour bien cerner son projet et le présenter aux productions. Tous les bons films sont résumés en trois lignes qui mettent en appétit.

Quand le pitch est clair, plancher sur un synopsis de 8 pages peut aider à trouver de la matière mais bien souvent, l'auteur s'en écartera au développement. Quand on fait son trajet Paris-Marseille par les petites routes, on ne peut pas dire à l'avance si on fera un écart pour éviter un hérisson, si on klaxonnera un abruti qui nous refusera une priorité. S'il fera soleil dans tel village et s'il tombera des cordes dans un autre.  Bien souvent, les auteurs s'épuisent pendant des jours sur le synopsis et sont moins "frais" pour le développement du script. Ils se sont forcés à anticiper des situations qui n'arriveront pas. Ils sont rincés avant de commencer.

Faites le rapprochement avec votre achat d'un livre. Est-ce que vous consacriez 10 à 15 mn à la lecture d'un résumé avant de l'acheter ? Non, vous le feuilletez un peu pour vous faire une idée du style, vous lisez le résumé de 10 lignes au dos de la couverture, vous êtes intrigué, vous l'achetez, vous ne l'êtes pas, vous le reposez.

Un producteur doit pouvoir se faire une idée du plan de l'histoire par un court résumé. Il ne faut pas le négliger. Le pitch est la vitrine qui donne envie d'entrer... Et j'ajouterai qu'un vrai producteur SAIT à la lecture du pitch s'il y a du jus dans l'histoire que vous proposez. Il n'a pas besoin de synopsis détaillé. Il sait. C'est son job ! Il a lu le pitch et il a vu un plan, à savoir un début, un milieu et une fin.

 


Est-ce que je fais un plan ?

Oui, je cible les principaux événements de mon début, de mon milieu et de ma fin et ce, autour de mon personnage principal.

Je sais ce qu'il va lui arriver, ce qu'il va faire pour se sortir d'une situation et/ou comment il va la gérer et où ses efforts vont aboutir. Sans ma séquence de fin, il m'est impossible de le faire.

 


Est-ce que je fais un séquencier ?

Non. A l'instar du synopsis détaillé, j'ai vu des amis y passer des mois pour ensuite écrire un traitement dialogué qui s'en écartait incroyablement. Pourquoi ? Parce que quand un personnage se met à parler, il surprend, il fait évoluer les actions différemment.

Mettez une poupée sur une chaise, elle reste docile et ne bouge pas. Mettez un être vivant doué de parole, il saute de la chaise et fait tout pour échapper à ce que vous aviez prévu pour lui. Alors non, je ne fais pas de séquencier. Il essore l'auteur, il le brise plus qu'il ne stimule son imagination.

De mon point de vue, c'est un outil trompeur qui mobilise de l'énergie pour "rien".  Un traitement sans dialogue ne peut pas refléter la réalité. Vous obtenez certes un semblant de colonne vertébrale mais ma main au feu qu'au développement votre colonne fera une belle scoliose !

Le fait est que les personnages nous mènent, de par leurs dialogues et comportements, vers des situations totalement inattendues et parfois magiques ! 

 

 


Est-ce que je tombe sur des noeuds narratifs ?

Oui.

En développant, je tire sur le fil de ma pelote et aux environ de la 30ème page, ça bloque. Parfois le noeud ne se défait pas et me prend une énergie considérable. Si je ne m'en sors pas, je reviens sur mes pas pour trouver en amont la chose qui a pu bloquer...

Quelque fois, à force de tirer sur le noeud, mon fil directeur se casse et je pars dans une autre direction qui n'est pas la bonne mais la plupart du temps le noeud se défait et je continue sans dévier de mon axe. Il arrive même que je tire ce fil sans trop de difficulté jusqu'au bout. Quand c'est le cas, je peux écrire un premier jet assez vite et avoir une première colonne vertébrale. 

C'est souvent vers la page 30 qu'il faut le plus surprendre le spectateur et relancer son intérêt. Quand je suis sur ce noeud, je retourne et retourne l'histoire dans ma tête du matin au soir. Dans ces moments là, je suis à prendre "avec des pincettes" et j'en oublie le quotidien. C'est épuisant et pour moi et pour mes proches. Je bénis le ciel d'avoir un mari et des enfants patients ! Enfin, je trouve que les 25 dernières pages sont les plus difficiles à écrire. A ce niveau là de l'histoire, l'intrigue doit se dénouer et vous devez répondre à toutes les questions que le spectateur a pu se poser tout au long de l'histoire. Oubliez une réponse et vous êtes cuit. L'équilibre entre le propos et la structure Construire un scénario demande d'avoir à l'esprit une quantité phénoménale de paramètres : des lieux, des personnages, des actions, des tempéraments, des émotions, des apparences physiques, des conflits, des empêchements, des rebondissements, des pistes, des fausses pistes, des ellipses, etc.  En plus d'agencer tout cela au mieux, l'auteur doit alimenter le propos du film. Hélas, il arrive qu'il commette l'erreur de se focaliser sur le propos au détriment de la dramaturgie. Cela donnera un film à message, certes, mais mal ficelé et pas abouti...

A contrario, il arrive que l'auteur se focalise sur la mécanique de l'histoire en oubliant le propos. Cela donne un film parfaitement huilé mais vide comme une coquille de noix. On l'oublie sitôt la projection terminée.

Ce qu'un scénariste, de mon point de vue doit rechercher avant tout est la compréhension conceptuelle. Son lecteur a t-il bien compris l'histoire ?

Si la personne a très bien compris les enjeux de l'histoire mais ne l'a pas aimée, vous avez réussi en tant qu'architecte mais pas en tant qu'auteur (vous n'avez pas réussi à faire apprécier votre univers).

Si la personne n'a pas compris les enjeux mais a trouvé le sujet traité intéressant, vous avez échoué en tant qu'architecte mais réussi en tant qu'auteur.

L'idéal est de construire un scénario parfaitement structuré et qui emporte le lecteur et croyez-moi ce n'est pas toujours évident.

 


La version zéro

Le premier jet est pour moi une version zéro, une simple version de travail. Je la relis plusieurs fois pour y relever les plus grosses incohérences. A partir de là, soit je laisse reposer, soit je cherche à la faire lire tout de suite autour de moi (ce qui est une grosse erreur). Faire lire une version 0 revient à s'exposer à des critiques, du reste pas toujours très sympathiques, que l'on aurait pu se faire soi même si on s'était astreint à laisser reposer son texte... Lorsque j'ai pris la sage décision de faire reposer mon texte et que je m'y replonge quelques jours plus tard, ce que je lis me démoralise. Je trouve les personnages épais comme du papier cigarette et les enjeux insipides. A ces moments là, on se demande vraiment pourquoi on avait vu du génie là où on ne voit plus que platitude (vous imaginez alors ce que les producteurs ont pu penser de votre texte si vous avez commis l'erreur de le diffuser trop tôt !).

Comparez un fil directeur à une route et un cycliste à un scénariste. Le fait d'avoir la tête dans le guidon et de suivre son fil directeur réduit considérablement les angles de vue et de raisonnement... Et quand le scénariste relève la tête, il réalise qu'il y a un paysage autour de lui et qu'il ne l'a pas vu !

Et ce paysage, bien sûr, c'est tout ce qui donne de la chair au scénario...

Pour cette raison, il faut laisser absolument reposer ses textes mais les auteurs sont tellement enthousiastes qu'ils ont du mal à se plier à cette discipline de patience ! Sitôt la ligne d'arrivée franchie, ils s'épongent le front et envoient direct le scénario en lecture. Et c'est l'erreur (pour ne pas dire la maladie du scénariste !)

Pour revenir à ma version 1, je la laisse reposer puis je vais revenir ponctuellement dessus et ce, jusqu'à ce que je sois de plus confiante sur la dramaturgie et sur le propos tenu. Quand je ne touche plus qu'aux virgules, je sais que mon scénario a bien évolué mais j'ai conscience qu'il n'est pas encore abouti. Je le fais alors lire à des amis et j'attends les commentaires.

Ce que je veux savoir en priorité est "Est-ce que l'histoire se comprend ?". Aimer ou ne pas aimer le sujet n'est à ce stade pas très important. Ce qui est essentiel, en revanche, est la compréhension. "Est-ce que tout est bien clair ?".

J'ignore les commentaires qui commencent par "Moi, à ta place..." qui est un arbitraire artistique, pas un propos constructif. Le lecteur qui commence par "Moi, à ta place" voudrait que vous réécriviez l'histoire en fonction de ses propres convictions sur le sujet que vous avez traité... ça ne marche jamais... C'est comme un jardinier qui dirait à un autre jardinier :"Moi à ta place dans ce jardin, j'aurais planté des tomates, pas des fraises". Est-ce que cela signifie que les fraises ne peuvent pas y pousser ?

Quand enfin, le scénario me semble bien abouti, je le propose en lecture à des producteurs.

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En conclusion

Les auteurs ont tous un regard différent sur la qualité de leur travail. C'est ainsi qu'un auteur peut présenter une version 5 chez un producteur qui considérera que le travail effectué est celui d'une version 0 (premier jet) et ce, même si l'auteur a réellement mouillé sa chemise. 

A contrario, une version 1 peut être si aboutie qu'elle correspond carrément au travail d'une version 5. Beaucoup de producteurs sont ainsi déconcertés à la lecture de certains scénarios car la qualité d'un script - à effort égal - est très différente d'un auteur à l'autre.

Le parcours du scénariste, voyez-vous, n'est pas un parcours de santé, c'est le parcours du combattant sous la pluie, dans la nuit et dans la boue ! Mais quand vous arrivez au but, crotté, exténué et fourbu et que l'on vous dit que vous avez gagné, vous êtes plutôt fier de tous les efforts que vous avez fournis.

Posté par maryline mahieu à 16:18 - - Permalien [#]

26 mars 2010

FICTIONS RADIO

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Fiction radiophonique programmée à l'occasion du Festival de Cannes 2011, une réalisation signée Michel Sidoroff.

  

Trois femmes mariées depuis une dizaine d'années décident de revivre la sensation vivifiante du premier baiser...

 


 

"LE SOUHAIT D'ALICE", prix lecture publique de scénarios courts-métrages Angers 2009, une réalisation radiophonique de Michel Sidoroff.

 

http://www.cerf-volant.net/Le%20souhait%20d'Alice/

 

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Féodor Atkine lisant son propre rôle à Angers, 2009

 

Alice, malade, demande à être examinée par le docteur House qu'elle prend pour un vrai médecin et dont elle adore la voix. Son fils n'ose pas lui dire que House est un personnage de télé et va lui présenter la célèbre voix française de Hugh Laurie, Féodor ATKINE, et Stéphane FREISS, sosie du docteur House... Evidemment, rien ne se passe comme prévu et Alice reconnaît tout de suite Stéphane Freiss. 


Posté par maryline mahieu à 19:10 - - Permalien [#]

10 septembre 2014

RECETTE D'UN BON FILM

Un bon film, c'est comme un bon massage : en une heure, le corps et l'esprit doivent ressentir un maximum de sensations. Si un film n'apporte pas le volume de sensations auquel le spectateur s'attendait, il a envie de quitter son siège comme un patient une table de massage. Pour moi, la recette d'un bon film, c'est le volume de sensations physiques, émotionnelles et intellectuelles apporté au spectateur en l'espace de 90 mn. 

Les meilleurs auteurs et réalisateurs n'arrivent pas toujours à atteindre "le quota magique". Il arrive que les sensations soient dans le scénario mais ne soient pas dans le film et, inversement, un bon réal fera naître des sensations qui manquaient dans le script. Tout est dans le volume de sensations auquel le spectateur s'attend pour un sujet et genre donnés. 

Des films sont longs à démarrer mais vous happent à un moment donné; des films vous happent dès le début puis prennent un rythme de croisière jusqu'à vous scotcher les 30 dernières minutes.

Qu'importe l'emplacement des sensations, c'est leur volume qui compte. Et leur intensité.

Allons un peu plus loin :

Lorsqu'une personne lit un scénario ou même simplement un résumé, elle s'attribue inconsciemment un volume de sensations à recevoir

Il y a un seuil minimal pour lequel le spectateur ne se déplacera pas. Disons, pour notre exemple, qu'il est de 20 sur 100.

La personne lit un résumé de film, son "compteur mental" affiche 20% d'intérêt. Elle n'ira pas voir le film.

Une autre personne lit le même résumé, son compteur affiche 50, elle ira voir le film.

On peut en conclure qu'une personne dont l'intérêt monte à 70 court voir le film !

A partir de là, quatre cas de figure :

A) La personne attendait un volume de sensations de 50 et en reçoit 80 : elle est emballée par le film et en fait beaucoup de publicité.

B) Elle reçoit 25 alors qu'elle attendait 50 : elle est déçue et ne conseillera à personne d'aller voir le film.

C) Elle reçoit 40 sur 50: elle est mitigée. Elle dira que le film était moyen.

D) elle reçoit 20% de sensations alors qu'elle en attendait 70 : elle va mettre le film en charpie, notamment sur les réseaux sociaux d'internet.

Ce volume de sensations désirées fait s'arracher les cheveux aux producteurs qui voudraient que le film séduise le plus grand nombre de spectateurs. Ils pensent avoir fait un super film mais, à leur grand désespoir, les gens ne se sont pas déplacés. Leur compteur, contrairement à celui des producteurs, n'a pas dépassé le seuil minimal de sensations désirées, celui qui fait qu'on sort de chez soi et va au cinéma même s'il pleut des trombes...

Maintenant, il arrive qu'un scénario laisse le compteur d'un producteur à 0. 
Personne ne veut produire le film mais son auteur et/ou réalisateur est persuadé qu'il va faire péter le compteur à sensations des spectateurs. 

Un producteur se laisse convaincre. Le film se monte. A sa sortie en salles, le compteur des spectateurs se met à fumer et monte à 100 ! Que s'est-il passé ?

Il s'est passé que ce sujet n'interpellait peut être pas les producteurs mais les spectateurs, oui !
Le fait est que nous ne sommes pas des robots. Nous avons tous des désirs différents et ce, au regard de nos propres expériences.
Un producteur, et je peux le comprendre, a envie de mettre son énergie et de l'argent dans un sujet qui le toucherait lui, au cinéma. Lui aussi a besoin d'un désir pour produire.

Son désir ne correspondant pas toujours au désir des spectateurs, le problème devient vite un casse-tête chinois.

Cette démarche de produire un film pour lequel on n'a pas de coup de coeur n'est vraiment pas évidente. Je le conçois parfaitement mais combien de succès publics restent dans les tiroirs à cause de cet état d'esprit ?

La recette, si recette il y a, est de multiplier les sensations à l'écriture du scénario ou à sa réalisation pour être sûr que le spectateur :

1) soit interpellé et aille au cinéma.
2) ait son quota de sensations à la projection du film.
3) fasse de la pub pour le film.

Un auteur n'est considéré bon auteur que lorsqu' il arrive à rassembler au moins une fois dans sa vie un grand nombre de spectateurs.

Il peut avoir écrit une histoire sans aucune originalité mais mis le doigt sur des sensations communes au plus grand nombre et cela a fait de lui un auteur coté et demandé.

Avoir de bonnes idées et savoir structurer à merveille un scénario est une chose, trouver le coeur du spectateur, voilà, à mon avis le vrai secret.



 

Posté par maryline mahieu à 14:35 - - Permalien [#]

18 septembre 2014

BESOIN D'AIDE ?

plumette

 Chers auteurs,

Vous êtes très nombreux à me demander de l'aide sur vos synopsis et scénarios. Je réponds toujours aux mails et il m'est arrivé de lire des textes et promulguer gracieusement des conseils. Seulement, le script-doctoring est un travail professionnel qui demande de la concentration, du temps et mérite rémunération.

Si vous faites appel à moi pour une consultation, je vous demanderai un tarif horaire en note d'honoraires.

Et si vous faites appel à moi pour construire la V1 qui vous permettra d'avoir une base pour structurer et alimenter votre scénario, je vous demanderai un forfait.

N'oubliez cependant pas que de bons livres existent pour vous guider.

Bonne plume à tous ! 

MARYLINE SIGNA

 

Posté par maryline mahieu à 12:29 - - Permalien [#]

20 septembre 2014

LA PATERNITE DES IDEES

 

L'auteur est celui qui a l'idée de base ou les idées qui alimenteront l'idée de base

 


Un auteur trouve, assemble et sculpte des idées sous la forme qui lui convient. 

Il en jaillit de tous types de son esprit : des bonnes, des moyennes, des mauvaises et parfois des brillantes qui seront convoitées. 

Une bonne idée permet, en quelques lignes, d'avoir les trois murs porteurs d'un film : le début, le milieu et la fin.

Après, que l'auteur construise une maison avec un toit plat ou un toit pointu, avec des baies vitrées ou des vitraux d'église, qu'importe ! Les trois murs porteurs sont là, suffisamment solides pour supporter le poids de toutes les imaginations !

Certains romans classiques ("Les trois mousquetaires", "le conte de Monte Cristo", etc) ont été adaptés de différentes façons mais les axes porteurs n'ont pas bougé, solides comme des rocs : début, milieu, fin.

Une bonne idée ne bouge pas, c'est le mur porteur, le concept. Plein d'idées subordonnées se greffent dessus pour l'alimenter mais l'idée de base ne bouge pas, tel le phare dans la tempête
Une bonne idée vaut de l'or et son auteur devrait être loué de l'avoir trouvée. C'est rarement le cas. Quelqu'un de plus connu que l'auteur tentera généralement de se l'attribuer.

Une idée moyenne va fatalement bouger, on la croit "mur porteur" et elle ne l'est pas. On la bidouille dans un sens et dans un autre. On peut connaître son début mais être incapable de savoir ce qu'il va bien pouvoir se passer au milieu et à la fin. Ne livrant pas spontanément (ou rapidement) ces trois axes, elle fait s'arracher les cheveux aux auteurs et producteurs. C'est une fausse bonne idée.

Ils vont casser, réécrire, recasser et réécrire.

Une bonne idée est droite dans ses bottes, elle fournit les axes principaux et tous les événements qui vont happer le spectateur. 

Une bonne idée a la particularité de créer l'enthousiasme. 

Une bonne idée apporte de la fraîcheur. C'est un point de vue nouveau, un angle de narration inattendu. Bref, la bonne idée, c'est la source qui jaillit de la montagne !

Beaucoup de bons films sont des ersatz de films déjà sortis en salles.  On se dit en les voyant "ça m'a fait penser à..." On retrouve un goût connu, parfois plus fade, et on peut être déçu.

 


 Une bonne idée ne ramène pas à un autre film. Elle embarque le spectateur dans un autre univers. On se dit "Wow ! "



Le souci c'est que les producteurs (pas tous heureusement !) cherchent des scénarios de type ersatz pour être sûrs de rassembler le public. 

 


 Un auteur qui n'a pas de référent fait peur parce son scénario ne se rattache à aucun film connu. 



Nombreux sont les auteurs qui abonderont dans mon sens : on nous demande très souvent de battre les mêmes oeufs, de resservir les mêmes sauces en brouillant quelques cartes pour donner le change.

Bref, on nous demande d'écrire du déjà vu et ce, avec les critiques que l'on sait quand les films sortent, dont la plus célèbre "Il n'y a plus d'auteurs en France". C'est faux, totalement faux ! Je discute avec suffisamment d'auteurs pour savoir que des vraies bonnes idées, il y en a ! Il y en a énormémen, seulement personne ne veut prendre le risque de les monter.

 


 Une idée originale a la particularité d'exciter et de faire terriblement peur. 


 

C'est un territoire inconnu et sauvage, le producteur veut le conquérir mais en sortira t-il vivant ? Il a envie de se lancer, machette à la main, mais il hésite. Et s'il ressort ruiné ? Massacré par les critiques ? 

Venons-en enfin, à l'expression juridique de la paternité des idées.

Si un concept est nouveau et original, il va faire d'abord faire peur puis il va faire son petit bonhomme de chemin dans les esprits. Et si cette idée marchait comme le pense l'auteur ? Et si elle faisait le tour du monde comme il en est persuadé  ? 

C'est ainsi qu'après avoir fait peur, une bonne idée peut devenir l'objet de toutes les convoitises !! 

En conséquence, la paternité d'une idée devrait toujours être citée au générique sous la forme : 


"Une idée originale de ..."

 

Et ce, en plus du crédit scénario.


L'auteur qui a eu une idée brillante doit être honoré, pas écrasé sous la semelle des egos. 


 

Posté par maryline mahieu à 10:37 - - Permalien [#]

25 septembre 2014

ETAPES ILLUSTREES DU SCENARIO

A l'instar du bon vin qui s'affine avec les années, il ne faut pas être avare de son temps pour écrire un scénario.
Nous avons pris l'habitude, dans notre économie audiovisuelle, de réclamer trois versions pour suivre l'évolution du scénario. Sachez que la V3 officielle signifie en réalité la V10 pour l'auteur, voire beaucoup plus ! 

En d'autres termes, plusieurs versions intermédiaires conduisent à une V1, V2 et V3. A chaque fois, c'est comme au poker, ça passe ou ça casse...

Le risque d'une V1 est d'être lue comme une version définitive et non pas comme une version de travail. De fait, on risque de casser un axe intéressant à ce stade pour partir sur un autre alors que le seul problème du scénario était, à ce niveau, de n'être pas encore arrivé à maturité.

On devrait laisser au scénariste le temps qu'il lui faut pour rendre une version aboutie, habitée et goûteuse. Ecrire dans la précipitation d'une économie de marché revient à mettre des produits chimiques dans le vin pour hâter sa maturation, le résultat est souvent indigeste.


 Ilustrons ces étapes  :

VERSION 0

v0

C'est le premier jet, l'esquisse des axes et personnages principaux.
La V0 est issue du pitch. Elle n'est souvent limpide que pour l'auteur (!) qui, s'il est trop
enthousiaste, l'enverra chez des producteurs, persuadé que "c'est la bonne". 

En réalité, une bonne partie de l'histoire est restée dans "sa tête" et n'a pas été mise sur papier mais il n'a pas assez de recul pour en avoir pleinement conscience. Les retours de lecture, à ce stade d'écriture, sont souvent démoralisants.


 VERSION 1

v2

 Personnages et enjeux prennent consistance même si tout est encore flou, maladroit et ténu.

A ce niveau, un producteur rompu à l'artistique et à la production saisira les tenants et aboutissants de l'histoire et encouragera l'auteur à poursuivre.  Cet encouragement est un vrai bonheur pour le scénariste. Il lui donne le sentiment d'avoir atteint le sommet de la montagne. 

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 Un producteur moins convaincu lui demandera de repartir sur une autre base. Le scénariste voit alors l'Everest se profiler devant lui et peut s'en trouver totalement découragé.

On en arrive alors à ce problème des versions qui, à force d'être écrites et réécrites peuvent être pires que les précédentes.


VERSION 2

v3

L'histoire devient de plus en plus limpide à la V2. 

Tout prend corps et s'éclaircit. On a plaisir à voir évoluer les personnages. On a plaisir à deviner certaines scènes et plaisir à se faire surprendre par les rebondissements.


VERSION 3

v4

La version 3 prend relief et couleur.

Les coquilles des versions antérieures ont été supprimées, les caractères des personnages affinés, le suspens ou l'émotion sont au rendez-vous.


LE FILM IDEAL

vfilm

 Un scénario abouti que le réalisateur s'est  judicieusement approprié et qu'il a enrichi de son propre talent.


LE FILM QUI DEROUTE L'AUTEUR

vfilm2

C'est un scénario librement adapté par le réalisateur.

Le résultat peut considérablement s'éloigner du scénario et meurtrir l'auteur qui a mouillé sa chemise pendant des mois et qui ne se retrouve pas dans cette vision du réalisateur. Mais c'est le jeu.

 

Posté par maryline mahieu à 12:08 - - Permalien [#]

30 septembre 2014

PARALLELE ENTRE SCENARIO ET GROSSESSE

Tout commence par un désir de création,

Suivi par la rencontre d'un ovule et d'un spermatozoïde virtuels,

Certains auteurs, comme les escargots, sont hermaphrodites. A la fois mâle et femelle, ils fabriquent leurs ovules et spermatozoïdes. Lorsque ces derniers se rencontrent, l'auteur file habituellement couver sur son clavier et construit son histoire tout seul. A la naissance du "bébé", s'il n'est pas réalisateur lui-même, il cherchera une famille d'adoption qui saura prendre bien soin de lui.

Certains auteurs, par contre, sont uniquement mâle ou femelle et recherchent un partenaire créatif pour stimuler leur création. Ce partenaire est habituellement un réalisateur ou un producteur. 

Leur rencontre - s'il y a feeling - donnera un embryon que l'on appelle pitch en cinéma,

La petite graine du pitch est placée au chaud dans l'imaginaire de l'auteur/scénariste. A l'instar d'une vraie grossesse, il portera le projet de longs mois dans son univers.  

A ce point de notre grossesse, il y a deux types de "papa" : celui qui demande de temps en temps si tout va bien et qui propose des idées qui vont nourrir le projet et celui qui est très présent, parfois envahissant, paradoxal et déstabilisant.

Il peut y avoir conflits et reproches mutuels à ce stade de développement. On n'est plus d'accord sur la frimousse à donner au petit script ! Je veux qu'il ait mon nez ! Non, je veux qu'il ait le mien ! Il aura mes yeux ! Ok, mais il aura mon sourire. Ah non pas ton sourire ! La grossesse de l'auteur peut être vraiment agitée !

Au fil des mois, les diverses combinaisons scénaristiques et artistiques se mettent à peser lourd dans l'esprit de l'auteur/scénariste. 

De deux choses l'une : s'il est inspiré, il sera en décalage total avec le quotidien, ce qui irritera considérablement son entourage proche.

S'il n'est pas inspiré, c'est lui qui sera irrascible avec son entourage... 

Côté professionnel, plus les semaines passent, plus on est curieux de voir la frimousse du petit script qui sera mis au monde.

L'échographie du 3ème mois est une V1 dans le jargon cinéma. Le papa se pose plein de questions. Est-ce que le petit scénario est normal ? Est-ce qu'il a bien toute sa structure ? Ses trois actes ? Sa chute ?Est-ce que ses dialogues sont bons ? 

Au regard de toutes ces interrogations, l'auteur qui était confiant sur le développement de son bébé peut se mettre lui aussi à douter et peut traverser un moment de découragement jusqu'à la prochaine échographie, la V2. La pression monte...

Sans oublier les petites prises de sang de temps à autre, sous forme de réunion de travail, pour voir si tout va bien.

A partir de là, le "papa" est beaucoup plus présent, plus exigeant aussi. Il lui arrive même de vouloir changer entièrement la structure du petit script. La "maman", souvent éprouvée par tout ce que son imaginaire a mis en place est rarement d'accord. Elle veut bien faire des retouches mais pas tout changer. Le "papa" n'a pas l'air de voir le travail que cela représente de tout recommencer ! Les frictions sont possibles et quand c'est le cas, elles sont moralement épuisantes. 

- Mais si, il faut retirer un personnage, tu vois bien qu'il ne sert à rien ! 
- Mais si je l'enlève à ce stade du développement, ça va perturber toute ma structure, c'est du temps de travail en plus et moi je veux accoucher, je pèse du plomb, j'en peux plus, tu aurais dû y penser avant  ! 
- Je te quitte si tu le retires pas !

Voilà comment peut se dérouler une grossesse cinématographique... Mais il y en a, fort heureusement, qui sont très sereines avec un soin considérable apporté à la "maman", notamment financier.

Et puis vient le jour de la livraison. L'auteur et le papa sont là face au docteur/producteur. Ils sont stressés, ils scrutent avec anxiété les traits du docteur/producteur. S'il est détendu et affable, c'est que le bébé est beau. S'il est tendu, c'est que le bébé a un problème...

S'il est beau et parfait, le papa le brandira au public en disant  "C'EST MON ENFANT !".

Il oubliera souvent de mentionner la maman/auteur qui a porté le projet en son sein pendant de très longs mois... 

Il promènera partout l'enfant et les gens se pencheront sur lui et s'émerveilleront : "Oh ! Comme il te ressemble !"

Et puis il y a les papas/réalisateurs qui refusent de promener l'enfant sans la maman/auteur accrochée à leur bras... Que les dieux de la création les bénissent !

 

 

Posté par maryline mahieu à 21:06 - - Permalien [#]

05 octobre 2014

DEPOSSESSION D'UNE OEUVRE

La situation du scénariste qui propose spontanément un scénario de 100 pages à une production, est complexe dans la mesure où de nombreux lecteurs vont donner leur avis sur son sujet avec les dérives conceptuelles que cela suppose. 

Si l'auteur se laisse trop influencer, sa belle histoire d'amour au printemps peut vite devenir celle d'un affreux divorce en hiver ! Et si la version divorce en hiver est réussie, cela ne veut en aucun cas dire que l'histoire d'amour au printemps aurait été mauvaise.  

Cela veut juste dire que votre idée en a inspiré une autre et que l'on a préféré réaliser cette autre idée plutôt que la vôtre. Cela peut être très traumatisant pour l'auteur. Pour cette raison, gardons la loi suivante à l'esprit :


 UNE IDEE QUI FAIT NAITRE UNE AUTRE IDEE ETAIT A LA BASE UNE BONNE IDEE 


On dit souvent de l'auteur qui refuse de dénaturer son histoire qu'il a un ego démesuré. L'argument est classique pour qui veut s'accaparer l'idée d'un autre, voire légitimer une contrefaçon. "Je n'ai pas eu cette idée mais comme elle me plaît, je veux pouvoir la réécrire à ma façon". A aucun moment, on ne met la souffrance de l'auteur sur le compte d'une dépossession abusive. On la met sur son ego. Oh ! oh ! Bien trop facile comme argument !

La prochaine fois, amis auteurs, que vous serez confrontés à cette situation, dites simplement à la personne qui veut transformer votre sujet à son idée : "Est-ce que tu aimerais être à ma place ?" ou "Est-ce que tu aimerais qu'on te fasse ce que tu es en train de me faire ?"

Rares sont les personnes qui accepteraient qu'on transforme leurs propres idées !

Faisons le parallèle avec la vente d'une maison :

Vous avez construit une maison, vous en avez fait les plans, vous avez posé les parpaings, le toit, vous avez décoré chaque pièce et vous décidez, un jour, de vendre.

Un acheteur vous fait une offre, vous acceptez et déménagez. Le nouveau propriétaire va s'approprier les lieux en cassant quelques murs et en refaisant les peintures. Il créé son univers sur la base du vôtre.  Cette appropriation est faite d'un commun accord entre l'ancien et le nouveau propriétaire et ce, sur la base d'un échange financier qui convient à chaque partie.

Mais il existe une grande différence entre la cession d'un scénario et celle d'une maison : on ne demande jamais à l'ancien propriétaire de casser les murs et de refaire la déco sur les idées du nouveau propriétaire !

Dans l'univers du cinéma, oui.

On demande souvent au scénariste de reconstruire son histoire sur les idées de multiples intervenants !

A cela, quatre réactions :

1) vous êtes TRES bien payé pour cette reconstruction, vous mettez votre univers sous votre mouchoir et vous acceptez de faire ce que le nouveau propriétaire souhaite.

 
2) vous êtes mal dédommagé pour cette reconstruction et vous rechignez à faire le travail. La collaboration ne sera pas des plus optimum.

 
3) l'univers proposé ne vous inspire pas du tout et vous préférez céder, sous conditions financières, votre place.


4) vous trouvez que l'univers proposé va trop altérer votre concept initial et vous refusez la proposition.

 

A l'instar d'un propriétaire qui est incapable de détruire et refaire l'intérieur de sa maison pour son acheteur, le scénariste est parfois incapable de détruire un travail de longue haleine pour le rebâtir sur les voeux d'un réalisateur ou producteur.

Ce n'est pas de l'ego. C'est une vraie souffrance. Alors on dit "oui mais vous les scénaristes, vous ne voulez pas être dépossédés". Dans la vie, aucun propriétaire vendant sa maison ne devient le maçon et décorateur du nouveau propriétaire !

On devrait pouvoir vendre très correctement son scénario et tourner la page.
Comme c'est rarement le cas, le scénariste se retrouve dans le dilemme incroyablement douloureux de :

- lâcher prise avec une histoire pour une somme dérisoire par rapport aux mois de travail fournis,

 - accepter de faire des modifications en totale contradiction avec son univers initial.

 


UN AUTEUR AIME LES IDEES QUI ALIMENTENT ET ENRICHISSENT SON CONCEPT. PAS LES IDEES QUI LE DENATURENT.


 


ON LACHE PLUS FACILEMENT PRISE AVEC CE QUI EST TRES CORRECTEMENT PAYE 


 

Cette situation me ramène à une scène du film "Le jouet" de Francis Veber. 

Sur un caprice de son fils, Michel Bouquet entre dans une maison et propose au propriétaire d'acheter sur l'instant sa maison. Le propriétaire a d'abord un choc, il refuse de vendre son bien mais Michel Bouquet augmente peu à peu la somme. Le propriétaire résiste (c'est sa maison que diable, son univers !) mais au vu du montant atteint, il finit par lâcher prise et fait ses valises dans la seconde. On peut trouver cette réaction vénale mais on peut considérer aussi que la somme conséquente proposée donne une nouvelle impulsion créatrice au propriétaire. Il pourra recréer un autre univers sans risque. Un univers encore mieux !

Si on proposait d'entrée de jeu des MG (minimum garanti) très confortables aux auteurs, je pense qu'ils seraient plus à même de lâcher prise sur leurs scénarios. Cette manne leur permettrait de tourner la page pour financer l'écriture d'un autre sujet. 

 


UN SUJET BIEN REMUNERE FAVORISE LE LACHER PRISE ET LA NAISSANCE D'UNE AUTRE IDEE A DEVELOPPER. 

 


 
Hélas, dans la configuration française actuelle, non seulement on propose des petits minimums garantis (aux échéances douteuses) mais on demande à l'auteur de retrousser ses manches et de casser sa maison pour la reconstruire sur une base quasiment bénévole sur l'idée du nouveau propriétaire. 

Où voyez-vous de l'ego dans cette situation ?

On dit des scénaristes américains qu'ils arrivent à travailler en équipe, qu'ils n'ont pas cet ego surdimensionné qui semble caractériser l'auteur français. On oublie de préciser les salaires des auteurs américains ! Croyez-moi, on leur donne largement les moyens de lâcher prise avec leurs idées !

Un scénario très bien rémunéré et une appropriation par le réalisateur sans le concours de l'auteur est la solution la moins pénible dans la chaîne de montage d'un film (à moins bien sûr que l'auteur accepte de coopérer de son plein gré au nouvel univers du réalisateur)

Posté par maryline mahieu à 09:07 - - Permalien [#]

10 octobre 2014

LES IDEES ET LES METIERS

Qu'est-ce qu'un auteur ?

C'est quelqu'un qui a des idées et les met en forme pour en faire un produit abouti écrit de type roman ou scénario.
 


Qu'est-ce qui fait la valeur d'une idée ? 

La conviction que l'auteur a de cette idée et la conviction
des personnes à qui il va la présenter. Une belle idée est avant tout un concept qui se véhicule facilement. Un bouche à oreille efficace repose sur un pitch ingénieux et facile à raconter.

A part quelques exceptions, vous verrez que les films qui ont emporté l'adhésion du public étaient des films portés par des concepts simples à raconter.

On dit "j'ai vu un film incroyable, c'est l'histoire de..." et le spectateur raconte en quelques mots l'histoire du film. 

Quand un spectateur a un concept clair du film qu'il a vu, il le transmet à son entourage. Quand il n'a pas eu ce concept clair, le bouche à oreille ne se fait pas.

Une personne dit : "j'ai vu un film étonnant, c'est l'histoire d'un fantôme qui se prend pour un être humain". Voilà le pitch du film de N. Night Shyamalan "Le sixième sens"'.  Onze mots le résument. Onze mots pour un succès planétaire.

 


 Le fait d'avoir de bonnes idées fait-il d'une personne un auteur ?

Non. Un auteur est une personne qui sait développer ses idées sous une forme artistique aboutie. En d'autres termes, une personne qui a de très bonnes idées est juste une personne qui a de très bonnes idées. Un boulanger peut avoir une très bonne idée de film sans être scénariste tout comme un scénariste peut réussir une tarte sublime sans être pâtissier !

A l'identique, un dentiste peut découvrir un rebondissement majeur que vous, en tant qu'auteur, n'arriviez pas à trouver pour votre scénario...Cela ne veut pas dire que ce dentiste sait écrire un scénario, cela veut dire qu'il a eu une idée de génie.

Quand cela arrive, le scénariste est démoralisé : "Mais pourquoi diable ce mec a-t-il trouvé cette idée que je cherche depuis des semaines ?" Parce qu'il a apporté un point de vue extérieur à quelqu'un qui était tout intériorisé dans son sujet.

Une grande confusion règne sur les métiers artistiques du fait des idées brillantes que les uns et les autres peuvent avoir à un moment donné. On ne sait pas comment récompenser ces idées brillantes et certains en profitent pour demander des statuts de co-auteur non justifiés.

Dans la vie courante, une personne qui a réussi un pain sublime ne se proclame pas aussitôt boulanger. Dans le cinéma, une personne qui a de bonnes idées peut se proclamer auteur et revendiquer le statut de co-auteur. Cela ne fait pas d'elle une personne capable d'écrire des scénarios à l'année. Vous voyez ?

Imaginez, vous louez un appartement et au bout de quelques temps vous croisez votre locataire. Il dit qu'il a repeint les murs, mis une super déco et que l'appartement est magnifique. Ok, est-ce que cela signifie qu'il doit devenir co-propriétaire ? Non. Cette personne a façonné VOTRE appartement à son univers mais l'exposition de l'appartement est toujours au Sud, vos murs porteurs sont toujours à leur place, la situation de vos pièces est toujours la même. Bref, vous restez propriétaire de votre bien. 

Cette revendication arbitraire du statut d'auteur engendre des traumatismes et des conflits énormes. Nous avons le locataire d'une idée qui veut brusquement devenir propriétaire. Personnellement, je n'ai jamais vu un scénariste ayant de bonnes idées de réalisation demander à être crédité en tant que co réalisateur d'un film... Tout comme je n'ai jamais vu un scénariste trouver des sources de financement ou des décors se décréter producteur ou régisseur.  

Bref, notre METIER est celui que l'on fait à l'année, pas celui que l'on pratique ponctuellement ou en excellent amateur.


Un adaptateur est-il co-auteur d'un projet ?


Non. Un adaptateur ne devient pas systématiquement l'auteur du texte qu'il aménage. Il est auteur de son adaptation. Quand Jean-Jacques Annaud et Gérard Brach adaptent "L'amant" de Marguerite Duras, ils ne se proclament pas auteurs de l'idée et du roman... Ils sont auteurs de leur adaptation. Point.

A l'identique, quand un réalisateur adapte le scénario d'un auteur, il devient adaptateur d'une oeuvre existante, pas co-auteur et ce, même si son travail d'écriture est conséquent.  

Nombreux sont ainsi les scénaristes de ciné "in spec" (qui développent un scénario ABOUTI sans production) qui voient revenir vers eux des scénarios adaptés avec la mention arbitraire de co-auteur du réalisateur. Les réalisateurs ont adapté le travail de ces scénaristes à leur univers et se sont attribués d'office le statut de co-auteur, comme s'ils avaient eu conjointement l'idée avec l'auteur initial.

Même s'il est rentré dans le scénario, il n'en reste pas moins adaptateur d'un scénario existant. Il proteste en disant : "oui, mais j'y ai passé du temps et j'ai eu de bonnes idées".

On est bien d'accord, sauf qu'il y a une nuance : il a passé du temps sur SON ADAPTATION et ses belles idées sont nées grâce à une idée et texte existants...

Quoi qu'il clame sur tous les toits du 7ème art, il sera et restera l'auteur de son adaptation, pas de l'idée original ni du scénario initial.

Maintenant, le scénariste qui avait développé le script peut accorder la mention de co-auteur au réalisateur sous certaines conditions. Tout dépend du contexte de production, de l'originalité de l'idée et surtout de la qualité des relations entre les gens. Un auteur qui se sent en confiance, qui est très complice et qui éprouve une vraie affinité pour le réalisateur acceptera souvent (et souvent volontiers) de partager le crédit scénario avec lui. 

 La mention suivante sera alors retenue pour le générique : 


 

Un film de "nom du réalisateur"

 

Une idée originale de "auteur de l'idée"

 

Scénario et dialogues : "nom de l'auteur", "nom du réalisateur"

 


 

Que se produit-il lorsque le réalisateur demande de l'aide à un auteur sur une de ses idées personnelles ?

Tout dépend de l'état d'avancement du projet. Si le projet est très abouti, bien dialogué mais qu'il subsiste quelques faiblesses de structure et de rythme, l'auteur interviendra comme script-doctor et ne sera pas crédité en tant que co-auteur.

Si le scénario demande un vrai travail de scénarisation et de dialogues, le réalisateur acceptera habituellement de partager son crédit scénariste au générique.

Ce qui pourrait donner à l'écran :

 


 

Un film de "nom du réalisateur"

 Une idée originale de "nom du réalisateur"

Scénario et dialogues : "nom du réalisateur", "nom du scénariste"

 


 

Si le réalisateur veut garder toute la paternité de l'oeuvre, la prestation du scénariste pourra être rétribuée sur un forfait de script-doctoring et ce forfait sera très élevé. (à la mesure du manque à gagner sur les %, remake possible, etc.)

Personnellement, je trouve légitime de toujours mentionner la paternité de l'idée au générique, qu'elle soit de l'auteur, du réalisateur ou de quelqu'un d'autre.

 L'idée est toujours la pierre d'angle d'un projet. C'est la source qui jaillit de la montagne.

 


 Quelle est la différence entre un adaptateur et un adaptateur libre ?


Déjà, tous les deux s'appuient sur des oeuvres  dont ils n'ont pas eu l'idée eux-mêmes. 

L'adaptateur essaie de coller le plus possible à l'oeuvre initiale. Il essaie d'en retranscrire le plus fidèlement possible l'intrigue et les émotions.

L'adaptateur libre, lui, s'appuie sur la matière d'un roman ou d'un scénario existant mais créé une variante de l'histoire. Il peut changer d'unité de temps (comme Claude Lelouch dans "Les misérables"), retirer ou ajouter des personnages, etc.

 


 CONCLUSION

Les choses se passeraient très simplement si chacun faisait son métier sans loucher sur celui du voisin.

 


 

Posté par maryline mahieu à 08:51 - - Permalien [#]

15 octobre 2014

COUPLE SCENARISTE/REALISATEUR

En France, les réalisateurs (cinéma) écrivent souvent seuls mais certains font appel à : 

1) un co-auteur pour amener idées, rebondissements, dialogues et technique scénaristique.
2) un script-doctor chargé de corriger les faiblesses dramaturgiques et structurelles du script.
3) un scénariste pour structurer leurs idées, bâtir et dialoguer le scénario.
4) un dialoguiste pour trouver le langage juste des personnages.

 NB : il y a des scénaristes qui ne sont pas dialoguistes et inversement, il y a des dialoguistes qui ne savent pas structurer.
 


Un scénariste confirmé peut intervenir à ces quatre niveaux, il faut donc déterminer très précisément ce que l'on attend de lui. La fonction d'un co-auteur est de fournir de la matière en plus de sa technique scénaristique mais on peut lui demander, pour un projet donné, de mettre son imaginaire de côté (très dur !!) pour travailler uniquement sur les idées du réalisateur, auquel cas, il interviendra en tant que simple scénariste pour batîr la structure. Ce manque de clarté sur les besoins de l'auteur est souvent source de confusion, de conflits et de problèmes contractuels.

 


Les types de collaboration :

 

1) Le co-auteur

Choisir un co-auteur signifie qu'un premier auteur (souvent le réalisateur) a une idée qu'il ne se sent pas de développer seul. S'adjoindre un co-auteur signifie que l'on doit accepter l'apport artistique de celui-ci. Hélas, les réalisateurs, la plupart du temps, recherchent plus une stimulation de leur propre imaginaire pour trouver leurs propres idées que les idées d'un co-auteur. En d'autres termes, ils veulent que le scénariste propose des idées qui feront germer des idées bien à eux. Ils veulent être stimulés par quelqu'un qui a de l'imagination pour accoucher EUX de leurs idées. Ils ne sont pas prêts à partager une aventure avec un co-auteur. 

Ce problème de co-écriture est délicat dans la mesure où :

- amener trop de matière au réalisateur lui donne l'impression d'être dépossédé, 
- lui proposer un meilleur axe dramaturgique peut le froisser,
- ne pas lui amener suffisamment d'éléments le frustre considérablement...

 Ce type de collaboration peut tourner au choc des univers à moins qu'il y ait une vraie complicité entre le réalisateur et l'auteur. 

 


 

2) Le script-doctor (consultant)

Le réalisateur sait structurer un scénario mais il a besoin du regard extérieur d'un autre auteur pour améliorer son script.  Le consultant cible les faiblesses, les incohérences, les invraisemblances et les digressions, il trouve les noeuds qui bloquent le récit et fait repartir l'histoire.

Il n'est pas co-auteur du projet et son nom n'est pas mentionné au générique. Ne touchant pas de droits d'auteur sur la diffusion du film, il est habituellement très bien rétribué (sous forme de forfait). Ce qui est amusant c'est qu'un script-doctor talentueux peut avoir besoin du regard d'un script-doctor sur ses propres projets d'écriture. 

 


 

3) Le scénariste

Il arrive qu'un réalisateur ne sache pas du tout par quel bout prendre ses idées. Elles forment une pelote compacte dans son esprit et il lui est impossible d'en attraper le fil. De ce fait, il ne sait pas par où commencer ni comment finir. Il prend des tonnes de notes qu'il ne sait pas exploiter d'un point de vue dramaturgique : rien ne s'aligne sur le papier. Il a besoin d'un scénariste pour donner forme à sa matière sans avoir besoin de la matière du scénariste. Il sait ce qu'il veut mais il ne sait pas l'écrire.

 


 

4) Le dialoguiste

Le réalisateur maîtrise l'écriture scénaristique mais souhaite des dialogues plus en bouche pour ses personnages. Il fait appel à un dialoguiste. En général, la collaboration se passe bien.

Posté par maryline mahieu à 16:14 - - Permalien [#]

14 novembre 2014

PRIX LECTURE PUBLIQUE SCENARIO FESTIVAL ANGERS 2009

 Angers, samedi 24 janvier 2009

                          _DSC2588_redimensionner  

"LE SOUHAIT D'ALICE" est l'histoire d'une femme très malade qui demande à être examinée par le docteur House, héros d'une série américaine, qu'elle prend pour un vrai médecin... Son fils Christophe va tout faire pour réaliser son souhait : lui faire rencontrer le sosie du docteur House, Stéphane Freiss, et la prestigieuse voix française de Hugh Laurie, Féodor Atkine. Bien sûr, Alice reconnaît tout de suite Stéphane Freiss...

 

Ce scénario original et prix France 2 permettront à Stéphane Freiss de réaliser son premier film en 2010 sous le titre "IT IS MIRACUL'HOUSE".


 

Remise du diplôme et du trophée par la scénariste Aude Py

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Voir son travail aussi largement plébiscité par le
public a été un immense bonheur !

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Mon prix France 2 rapportera un joli budget à la productrice
Arouna Lipschitz que
j'avais contactée pour le projet.

 


 

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L'ensemble des lauréats et du jury (je suis à gauche).
Vous reconnaîtrez sur la droite
Claire Denis, Anne Brochet et Hélène Noguerra

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  Une semaine plus tôt, le 17 janvier...

 

"LE SOUHAIT D'ALICE" est lu devant un large public. Les gens rient et c'est un grand honneur pour moi de voir Monsieur Féodor ATKINE lire son propre rôle sur scène. 

Les comédiens de l'ADAMI 2008 ont participé à cette lecture : Dominik BERNARD, Cécile BOUILLOT, Fabienne LUCCHETTI, Grégory MONTEL et Antoine REGENT.  

 

 

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Féodor Atkine (dans son propre rôle) et Antoine Régent(jouant le fils d'Alice)

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Fabienne Lucchetti(Alice) et Dominik Bernard(le médecin d'Alice)

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Antoine Régent, Fabienne Lucchetti et Dominik Bernard

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Cécile Bouillot (narration)

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Grégory Montel jouait le rôle de Stéphane Freiss
(photo empruntée au site des Talents Cannes 08)

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(Féodor, très à l'aise)

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Et l'adorable chef d'orchestre et conteur, Michel SIDOROFF de France-Culture 

 

Le "souhait d'Alice" a été diffusé

 le 23 mai 2009 sur FRANCE-CULTURE

 

Pour écouter cette lecture :

http://www.cerf-volant.net/Le%20souhait%20d'Alice/l

 

angers  

Posté par maryline mahieu à 16:26 - - Permalien [#]

11 décembre 2014

CURRICULUM VITAE

Cliquez sur "Cursus" pour afficher mon parcours 

Cursus_cine



 marie

 


 

Posté par maryline mahieu à 14:21 - - Permalien [#]

21 janvier 2015

NOTE D'INTENTION / SYNOPSIS

Producteurs et organismes financiers demandent toujours à l'auteur, et/ou réalisateur, une note d'intention d'écriture ou de réalisation. En d'autres termes :

- Pourquoi l'auteur a t-il écrit ce qu'il a écrit ?

- En quoi son sujet plaira t-il au public ?

- Pourquoi le réalisateur veut-il réaliser ce film ?

- Comment envisage t-il sa mise en scène ? Sa direction d'acteurs ? Sa lumière ? 

- A quel casting a-t-il songé ?

- Quelle musique envisage-t-il ?

 

Toutes ces questions font monter une grosse suée, vous savez ! Qui peut, en vérité, apporter des arguments rationnels au coup de foudre qu'il a eu pour une idée ?

Lorsque vous allez en librairie acheter un roman, vous lisez les dix lignes de résumé à l'arrière du livre et, si l'histoire vous parle, vous achetez le livre. Vous n'avez pas besoin de plus. Après, l'histoire collera, ou pas, au concept émotionnel que le résumé avait fait naître dans votre esprit.  

Dans l'industrie cinématograhique on demande à l'auteur et/ou réalisateur une quantité de documents en plus du scénario : pitch, synopsis de plusieurs pages, séquencier et parfois bible des personnages. Ces différents documents permettent de trouver des partenaires et/ou prendre une décision quant à la mise en production du film.

Par expérience, plus on demande à un auteur d'expliquer le pourquoi et comment de son histoire, plus il risque de s'embrouiller. Pire ! Il peut commencer à douter de l'efficacité de son écrit. Tout était limpide pour lui et maintenant, il ne sait plus s'il a fait le job. Il y a de sauteurs, par contre, pour qui cet exercice est constructif. Il leur permet de préciser leur concept et d'améliorer leur scénario. 

Moins on vous en demande, plus vous avez affaire à des producteurs passionnés qui démarrent sur trois lignes de pitch, pas sur la lecture d'un épais dossier. Ils ont compris votre histoire en quelques secondes, ont eu un visuel, une émotion et veulent vous accompagner. Bénis soient ces producteurs là !

Ecrire une histoire part souvent d'une impulsion. On a entendu une phrase, vu une situation, écouté une chanson, lu un article et notre imagination démarre au quart de tour, souvent de façon incontrôlable. On sent une matière arriver et on ressent le besoin pressant de la travailler. Certains pourront intellectualiser et expliquer cette impulsion, certains ne le pourront pas ou difficilement. Un concept a jailli comme une étincelle et on s'est mis au travail. Point. Pas d'explication, un fort désir, c'est tout.

Mettre de la logique dans une création artistique est une véritable épreuve pour l'artiste. L'art n'est pas l'expression d'une logique mais d'une émotion. De fait, demander à un artiste de "psychanalyser" cette émotion pour obtenir des aides financières a pour moi quelque chose de très dérangeant. 

Imaginez une galerie avec des tableaux de maître et à côté de chaque tableau, une note d'intention du peintre de deux pages.  N'auriez-vous pas l'impression, en la lisant, qu'elle casserait un peu la magie du tableau ? A t-on besoin d'une explication pour recevoir les émotions qui se dégagent d'une oeuvre ? Non. Eh bien c'est ce qu'on demande pour un film. Il faut tout expliquer. 

C'est ainsi que l'on en arrive à des notes d'intention alambiquées qui ne servent pas les projets.

Rien n'est plus difficile que de rationnaliser et d'intellectualiser une impulsion créatrice. Pensez-vous que Rimbaud aurait été capable de faire une note d'intention sur "Voyelles" ?

Je trouve absolument dommage de vouloir rendre l'art rationnel. 

Auteurs et réalisateurs doivent passer par la note d'intention pour prétendre aux aides financières. Parce que le film est devenu un produit commercial. Il faut dire qu'il coûte tellement cher que les investisseurs veulent retrouver leur mise, c'est tout à fait légitime. Ils veulent être convaincus d'avoir misé sur le bon cheval.

J'ai entendu un jour la lectrice du pôle cinéma d'une région avouer qu'il lui était arrivé de rejeter un scénario qu'elle avait aimé après avoir lu la note d'intention, je cite, "débile" de l'auteur et à contrario qu'il lui était arrivé d'accepter des scénarios très moyens juste parce que leur note d'intention était sublime. Où se trouve la logique dans une telle déclaration ?

Les auteurs, je ne cesse de le répéter, sont des artistes, pas des administratifs !

N'empêche qu'il faut savoir rédiger cette satanée note. Qu'elle soit lue avant le scénario ou après, elle doit "donner envie" d'aider financièrement le projet. Je pense qu'il n'y a pas de recette magique, il faut sortir les arguments du coeur pour la rédiger et essayer de convaincre votre producteur que votre histoire trouvera un large public.

Cette note, si l'auteur est également le réalisateur, devra être agrémentée des intentions de tournage. Comment compte t-il mettre ce sujet en scène ? Comment va t-il le filmer ? Quelle lumière choisira t-il ? Quel type de musique accompagnera le film ? Etc. Cette note est tout aussi éprouvante pour le réalisateur qu'elle l'est pour le scénariste.

 


 LE SYNOPSIS

Le synopsis est un résumé de 5 à 10 pages. Il présente les personnages et les enjeux du scénario sur lesquels repose toute l'histoire. Il synthésise le début, le milieu et le dénouement de l'histoire. 

En d'autres termes, il doit mettre en appétit. Certains synopsis attisent la curiosité mais quand on lit le traitement dialogué on a l'impression de lire une autre histoire, pas celle qui était résumée dans le synopsis...

A cela, de mon point de vue, deux explications :

1) L'auteur n'a pas développé l'histoire qu'il croyait développer. Cela arrive !

2) L'auteur a mis l'accent, dans le synopsis, sur une facette de l'histoire mais le gros du scénario porte sur un autre angle.

Prenons un exemple :

Le pitch d'une histoire est le suivant : "Une femme sombre peu à peu dans la folie car elle est visitée toutes les nuits par le fantôme d'une personne assassinée dans sa maison vingt ans plus tôt".

L'histoire traite de l'héroïne principale et des circonstances étranges de l'assassinat vingt ans auparavant et du fantôme.

L'auteur décide de développer le synopsis autour du fantôme alors que l'histoire porte essentiellement sur l'héroïne qui devient folle.

Les deux histoires sont étroitement liées mais si l'auteur souligne un peu trop l'intrigue du fantôme dans le synopsis, le lecteur va commencer sa lecture du scénario dialogué avec l'idée du revenant en tête. Il sera déconcerté car l'histoire qu'il lit porte essentiellement sur la vie de l'héroîne qui devient folle.

En d'autres termes, le scénario qu'il découvre n'est pas l'histoire qu'il avait commencé à imaginer au travers du synopsis. Cette situation va le déstabiliser et créer un désaccord qui hélas nuira à l'auteur.

C'est un peu comme si vous voyiez une enseigne de restaurant "cuisine traditionnelle" et qu'une fois installé, on vous apporte la carte d'un snack-bar. Vous seriez contrarié. C'est pareil avec un scénario. 

Si vous alléchez avec un sujet, il faut sustenter le lecteur avec ce sujet...

Je reconnais que c'est un exercice très difficile à faire. Tout l'art du synopsis est de déterminer le vrai héros de votre histoire et de construire le résumé autour de lui sans dévier sur un autre personnage ou un autre sujet.

 


Posté par maryline mahieu à 18:35 - - Permalien [#]

14 mai 2015

LE DECLIC

leconparticuliere

Ma passion pour le cinéma a commencé après avoir vu "La leçon particulière" de Michel Boisrond avec Nathalie Delon, Renaud Verley et Robert Hossein.

L'incroyable musique de Francis Laï et l'histoire m'ont pris aux tripes et j'ai tout de suite eu envie d'écrire de belles histoires d'amour... J'écrivais sur la page de droite de gros cahiers à carreaux, je découpais des photos dans les catalogues "La redoute" ou "les 3 suisses" et je les collais sur la page de gauche pour illustrer mes personnages... Certains de ces cahiers existent encore. Je m'amuse parfois à relire mes premières nouvelles. Les récits sont maladroits mais les histoires passionnées. Je me souviens de l'une d'elles mettant en scène une héroïne sous la deuxième guerre mondiale, je n'ai hélas pas retrouvé ce texte que j'aimais.

Après mon Bac, que j'ai eu avec mention et avec un an d'avance, j'ai souhaité faire une école de cinéma. Mes parents, agriculteurs, n'étaient pas d'accord, ni pour cette école, ni pour me lâcher si jeune dans la jungle parisienne, ce que je comprenais. 

Je suis donc allée en Fac de Lettres à Clermont-Ferrand où je me suis terriblement ennuyée. J'allais parfois deux fois par jour au cinéma, séchant des cours qui ne m'enrichissaient en rien. Mon but à terme, c'était Paris. Il me fallait grandir vite, devenir majeure et prendre mon envol...

J'ai eu l'idée, pour m'en rapprocher, de choisir une spécialité qui n'était enseignée que là-bas, la psychomotricité. J'ai intégré une fac où, une fois de plus, je me suis formidablement ennuyée mais je m'y suis fait de bons amis et mes antennes cinéma se sont dépliées... 

De petits chemins en impasses et d'impasses en petits chemins je suis finalement arrivée à l'écriture professionnelle. Cela m'aura pris des années...

Aujourd'hui, je ne conçois pas une seule journée sans tapoter sur mon clavier. L'imagination m'emmène à chaque fois dans un pays des merveilles différent à tel point que je ne ressens pas le besoin de faire le tour du monde ou de multiplier les activités pour me sentir vivante...

L'imaginaire est mon essence...

J'ai traversé des cyclones portant les noms de "désillusion", "déception", "trahison", voire même "haute trahison" mais comme un peuple qui se relève d'une terrible catastrophe naturelle, je me suis relevée pour reconstruire mon univers. Tout comme on n'abandonne pas son pays en détresse, on n'abandonne pas ses rêves, encore moins ses idées et moi, des idées, j'en ai. Tout le temps.

Sous le rire, l'humour absurde, le drame, le suspense ou le mélo de mes textes, vous trouverez toujours une empreinte humaniste. A quelques exceptions près, elle est toujours au coeur de mes écrits. Rien n'est plus vain, à mon sens, qu'un film qui n'amène pas le spectateur à s'interroger sur un des aspects de la vie... Si vous regardez bien, les plus belles comédies invitent à la tolérance et à la générosité, les plus beaux mélo à la bonté et les plus beaux thrillers au courage et à la témérité...

Posté par maryline mahieu à 21:40 - - Permalien [#]

LES LONGS-METRAGES

LA BELLE HISTOIRE, MARIE(S) OU PRESQUE, PARIS, NORD-SUD 

 

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Crédit dialoguiste additionnelle

 

La belle histoire (bande-annonce)
envoyé par lesfilms13. - Regardez des web séries et des films.

 


 

Redimensionnement_de_affiche_Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 


Crédit scénariste/dialoguiste 

Trailer Marié(s) ou Presque
envoyé par lovelyproddistrib. - Court métrage, documentaire et bande annonce.


affichePNS

Crédit scénariste/dialoguiste

               


Paris nord-sud
envoyé par _Caprice_. - Regardez des web séries et des films.

Posté par maryline mahieu à 22:13 - - Permalien [#]

20 mai 2015

LES COURT-METRAGES

Ces 15 films, de genres très différents,  
ont été tournés entre 2002 et 2018

 


 

 

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Film en post production 


 

leboncoin

 Film en post production

 


 

meme pas lheure

Ma 3ème petite réalisation !

Une comédie kitch et absurde. 

Avec Julien Hochart.

Sur la "marche funèbre de Chopin" et un extrait d'une chanson du groupe WAZOO.

 


 

toujours a idre

 

Ma 2ème réalisation !

Un hommage rendu aux auteurs sur une mélodie de Jeff CHALAFFRE

Film arrivé 46ème au classement du Festival Nikon sur 877 films

 


 

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  Ma première réalisation...

Avec Olivier Pagès, Juliette Junot et le redoutable Jean-Bol Café (!)

Musique : Jeff Chalaffre

Sélectionné dans plusieurs festivals et diffusé sur Enôrme Tv en avril 2013


 

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Idée originale et scénario Yohann Gloaguen

avec ma collaboration à l'écriture 

Avec Olivier Chantreau, Ambre Boukebza,

Fabienne Galula et Sébastien Castro 


 

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D'après mon idée et scénario original sur le sosie du docteur House

Prix FRANCE 2 "Lecture publique de courts-métrages"

Festival "Premiers Plans ANGERS, 2009" 

(sous le titre initial "le souhait d'Alice")

Adaptation libre de Stéphane Freiss 

avec Stéphane Freiss, Laurent Gerra, Christophe Bouisse

 

 

alice

 

  


ecran enfileuse

Scénariste et dialoguiste

avec Shirley Bousquet, Julie Durand et Franck Llopis 

 


 ecran fantasmes

  Scénariste et dialoguiste

avec Filip Nikolic et Emma Colberti 

 


 ecran PAUL

Scénariste et dialoguiste

avec Olivier Pagès et Emma Colberti 


ecran laccompagnatrice 

Scénariste et dialoguiste

avec Samia Sassi et Bruno Le Millin


ecran la confession 

Scénariste et dialoguiste

avec Olivier Pagès et Julie Pietri (dans son premier rôle à l'écran)

 


ecran largent  

Scénariste et dialoguiste 

avec Stéphane Bierry et Yann Sundberg

 


ecran l'amour sans 

Scénariste et dialoguiste 

avec Laura Préjean et Ménélik


ecran trou de memoire

 

Scénariste et dialoguiste 

avec Filip Nikolic et Ménélik

 

 

Posté par maryline mahieu à 22:35 - - Permalien [#]

10 septembre 2015

REMUNERATION DE L'AUTEUR

    bankable

 

FAUT-IL RÉMUNÉRER LES AUTEURS  ? 

 

C'est un peu comme si on disait à un architecte : vos plans sont vraiment superbes, seulement voilà, je vais devoir payer les maçons, charpentiers, peintres, électriciens, et plombiers.  Je risque d'exploser mon budget... Vous, vous êtes resté derrière votre ordinateur à imaginer ma maison. Quand on y regarde bien, ce n'est pas très compliqué, la faire construire est une autre paire de manches !

Cette personne est en train de dire que le gros oeuvre est plus important que le plan de  la maison alors que sans plan, la maison ne se construirait pas...

Vous imaginez la tête de votre architecte s'il entendait une telle ineptie ? Il vous enverrait promener ! 

Si vous débutez dans l'écriture et qu'un producteur vous dit qu'il ne peut pas vous rémunérer du fait que vous n'avez pas encore signé de succès, demandez lui dans ces conditions pourquoi il a fait appel à vous ? S'il a si peur de vous confier un développement, pourquoi n'a t-il pas fait appel à un auteur plus confirmé ?

Parce que débutant ou confirmé, ce producteur n'a pas envie de rémunérer l'auteur pour son travail. Il veut lui faire endosser le risque producteur. Et quand il obtient des financements grâce en grande partie au travail de l'auteur, il ne le récompense pas en conséquence, il préfère investir cet argent sur les acteurs et le réalisateur parce que, de son point de vue, c'est eux qui feront le film. 

Le fait est que le montant d'un scénario devrait être indexé sur le budget global des films.  

Bon, pas facile de donner une fourchette, mais 20 000 à 25 000 € correspond à ce qui devrait se pratiquer pour un tout premier scénario.

L'auteur ajoute à la cession de ses droits un % :

  • sur les places de cinéma,
  • sur les ventes DVD,
  • sur les bénéfices faits à l'étranger
  • sur les produits dérivés afférents à l'oeuvre.

Les pourcentages sont variables et dépendent du minimum garanti versé à l'auteur pour son écriture ainsi que la notoriété de ce dernier. Cela peut aller de 0,45 % (voire moins) à ? % des bénéfices... 

Tout dépend du contrat établi avec le producteur. Certains producteurs remettent en question la légitimité de la rémunération de l'écriture parce que pour eux, le gros du boulot "c'est après".

Se réserver le droit de verser le solde (parfois plus de 50% !) d'une rémunération bien après la remise de la dernière version d'un script revient à nier les efforts de l'auteur par rapport aux autres intervenants et cela contribue à dévaloriser la profession de scénariste. Qui se permettrait de dire à un restaurateur en fin de repas : "Je vous donne 5 euros sur les 30 que je vous dois et je viendrai vous régler le solde dans quelques jours, si je digère bien" ? Pas grand monde, n'est-ce pas ?

Sans agent ou avocat pour négocier son contrat, les montants et % proposés à l'auteur risquent d'être en sa totale défaveur.

A la sortie du film, le producteur se rembourse du montant versé à l'auteur avant de lui donner le pourcentage qui lui revient sur les entrées. Par exemple, si l'auteur a reçu 40.000 euros de minimum garanti pour l'écriture, le producteur se remboursera les 40 000 avant de verser les % sur les entrées revenant à l'auteur.

Si le film est un succès, le MG est vite amorti et l'auteur voit son portefeuille gonfler à vue d'oeil. Si le film ne marche pas ou moyennement, l'auteur n'aura touché que son minimum garanti, et encore s'il l'avait suffisamment bien négocié.

S'il n'avait pas touché de minimum garanti à l'écriture, il tablera sur une diffusion télé pour voir ses efforts récompensés. Comprendre par là que sans diffusion télé, l'auteur aura tout perdu alors que techniciens et acteurs auront eu été rémunérés sur le film. Eh oui, cherchez l'aberration !

Le fait est, je le souligne encore, qu'on cherche souvent à faire endosser un gros risque producteur à l'auteur. Pour certains producteurs, le salaire de l'auteur devrait être celui-ci : "avoir la chance de voir son film sur un grand écran". 

On donne de 10 à 30% du MG à la signature, et un %  à la remise de la version 1 et ce, jusqu'à la version 3, 

En essayant de verser la plus grosse partie du minimum garanti (MG) au premier jour du tournage, certains producteurs font endosser un risque financier considérable au scénariste qui a fait son travail, 2, 3, voire 4 ans plus tôt (!). 

Si le film ne se monte pas, l'auteur peut perdre jusqu'à 90% de sa rémunération. En somme, ça revient à lui dire "Je t'ai pris (ou commandé) un projet, je ne suis pas arrivé à en monter le financement, donc je te punis". 

Le producteur se dit : " Si je rémunère l'auteur pour son travail et que le film ne se monte pas ?" Il paiera les intermittents pour la prépa du film et se réservera le "droit" de ne pas rémunérer l'auteur si le projet tombe à l'eau à la dernière minute. Quel intermittent accepterait ce deal ?

En France, on se doit de rémunénérer les techniciens pour obtenir l'agrément d'un film par le CNC. La rémunération de l'auteur n'est pas prise en compte pour l'obtention de cet agrément. Pourquoi ? Mystère...

De mon point de vue, quand une personne commence à pinailler indéfiniment sur la rémunération de l'auteur, il ne faut pas collaborer avec elle. En acceptant de ne pas faire rémunérer son travail ou en l'acceptant de façon dérisoire, l'auteur se condamnera à moins de créativité et d'enthousiasme.

C'est ce qui arrive habituellement quand on accepte la dévalorisation de son travail. Le projet s'en ressentira sur sa globalité et au final, si le film ne se fait pas,  le producteur reprochera à l'auteur (directement ou indirectement) de ne pas avoir assez travaillé, etc. Il sera incapable de se remettre en question, à savoir : "Je le payais mal, il n'était pas motivé".

Il y a des auteurs qui acceptent les contrats en participation uniquement (sans MG). Je l'ai fait à plusieurs reprises et le déconseille fortement car c'est très dégradant sur le plan humain !

Gardez-bien à l'esprit qu'un auteur qui accepte de donner son imagination sans contrepartie n'est absolument pas respecté en tant que personne.

On essaie souvent de convaincre l'auteur de travailler sans MG, ou avec un acompte dérisoire par rapport au travail fourni. L'argument est toujours le même : "Tu toucheras une petite fortune quand il sortira en salles et sur la diffusion télé (répartition SACD)". On se sert de cette possibilité de fortune future pour "endormir" l'auteur...

Qui peut assurer que le film sera pris par une télé ? Alors, pourquoi toujours pénaliser l'auteur ? Fort heureusement, les agents artistiques, la Guilde des scénaristes et la SACD sont là pour aider les auteurs à débusquer les producteurs qui ne veulent en aucun cas investir sur l'auteur (il suffit de lire les contrats indécents que certains proposent).

Sachez que l'imaginaire d'un scénariste turbine jour et nuit pendant des mois pour mettre un scénario au monde. Le travail de l'auteur est cérébral mais n'en reste pas moins épuisant. Il créé des personnages, il les habille, il leur donne un tempérament, les implique dans tout un tas de situations, il les marie, il leur donne du fil à retordre et parfois il les fait mourir... 

S'il était possible de rentrer dans la tête d'un scénariste au moment de la construction d'une histoire, je peux vous assurer que vous vous sentiriez secoué et bousculé comme sur un chantier. Il y a du mouvement et de la vie dans l'univers de l'auteur, ça bouge, ça crie et ça se télescope dans tous les sens !

N'oublions pas non plus le travail de documentation opéré autour de la construction d'un scénario. Eplucher des sites internet ou feuilleter des piles de livres représente une somme colossale de travail !

Maintenant, je rends hommage aux producteurs loyaux et passionnés (et Dieu merci il y en a) qui considèrent que le scénariste est un acteur incontournable, que son imaginaire est précieux et que sans lui, il n'y a pas d'idées, pas de rebondissements, pas de scénario et au final, pas de rêve à offrir au spectateur...

Jean Gabin aurait pu dire : Pour faire un bon film, il faut trois choses : un bon acteur, un bon acteur, un bon acteur" ou "un bon réalisateur, un bon réalisateur, un bon réalisateur". Pourtant, il a dit : "Pour faire un bon film, il faut trois choses : une bonne histoire, une bonne histoire, et une bonne histoire".  Il est clair que si les scénaristes étaient plus mis en lumière et plus soutenus financièrement dans leur travail, ils seraient plus motivés à écrire de belles histoires.

Au regard de cette situation souvent douloureuse, il faut vraiment aller vers un fonds de soutien aux auteurs confirmés.

Lisez cet article publié sur le site de la SACD: http://www.sacd.fr/Vers-un-Fonds-de-soutien-auteur.806.0.html

 

 

 

 

 

Posté par maryline mahieu à 15:49 - - Permalien [#]

03 avril 2016

LA FOLIE DES AMES

 

6 juin 2016

© 2016 - Maryline Mahieu

 


 

Ce roman, issu d'un de mes scénarios, est en vente sur Amazon

http://www.amazon.fr/dp/B01E5KDQ88

"Ludovic souhaitait travailler dans un espace vert mais l'administration lui propose un poste de gardien de cimetière. De nature très angoissée, il décide de refuser le job mais sa compagne le pousse à accepter. Ludovic cède en sachant que ce boulot va détruire son couple et sa vie.  Pour gérer sa phobie de la mort, il passe ses journées à mémoriser les inscriptions des pierres tombales et à transcrire, sur des fiches, les anecdotes glanées sur les défunts. Ludovic devient très vite le confident des gens en deuil et tombe amoureux de Lucie qui vient fleurir la sépulture de sa tante.  Le jeune homme se croit investi d'une mission divine, c'est alors qu'il commence à avoir d'étranges visions..."


VENEZ PARLER PHOBIE AVEC MOI SUR CE BLOG :

 

http://lafoliedesames.canalblog.com/

 


 

Bande annonce du récit  :

 

"La folie des âmes", roman émotionnel

 

Posté par maryline mahieu à 14:40 - - Permalien [#]

11 mai 2016

EXEMPLE DE SCENARIO

 

couv 2

 

Ce script de comédie a failli être réalisé avec un très joli casting mais le projet n'a malheureusement pas vu le jour. Il est disponible sur Amazon KDP pour les amateurs de scénarios et de paranormal loufoque.

 

http://www.amazon.fr/dp/B01EVMVU9C

 

"Bien qu’ayant atteint depuis longtemps l’âge de raison, Christian et Daphné se livrent un samedi soir à une séance de spiritisme en compagnie de leurs trois plus vieux amis. Ils font tourner le verre… Un esprit taquin se présente et dit s’appeler Robert Brekowski. Les amis passent un bon moment avec cet esprit qui se moque de leur sexualité. Quelques jours plus tard, en prenant son courrier, Daphné remarque une boîte aux lettres qui porte le nom "Robert Brekowski". Elle fait tout de suite le rapprochement avec la séance de spiritisme...  "                              

Posté par maryline mahieu à 21:39 - Permalien [#]

14 mai 2016

INTEGRITE ARTISTIQUE

L'artiste veut que son univers, concrétisé à travers son art, apporte du plaisir et soit aimé du plus grand nombre.  

Vous adhérez à cet univers. L'artiste est heureux et vous aime en retour.

Vous n'adhérez pas, l'artiste est malheureux et peut vous bouder. 

Cette réaction ressemble à de l'ego froissé mais pour moi, c'est autre chose. C'est l'angoisse de ne pas être aimé. 

Prenons le cas de l'auteur. Son scénario est critiqué et on lui propose, pour l'améliorer, des idées qui ne sont pas les siennes et qui vont faire dévier le sujet traité de son axe initial. C'est une souffrance terrible. L'auteur va résister, s'adapter ou s'effondrer. C'est un point brûlant d'intégrité. L'auteur a le sentiment pénible que son univers se délite et qu'est-ce qu'un univers artistique sinon la personne elle-même ?

De ce que j'ai observé, ceux qui ne trahissent pas leur univers sont peut être moins riches et moins célèbres mais beaucoup plus stables et respectés. Ceux qui acceptent gagnent très bien leur vie mais sont souvent aigris car on leur manque plus facilement de respect.

Cela se passe ainsi. De très nombreux interlocuteurs diront à l'auteur qu'il n'a pas écrit ce qu'il aurait dû écrire. Qu'il aurait dû écrire ce qu'ils pensent EUX de son sujet ! Sujet, soit dit en passant qui ne leur aurait peut être jamais traversé l'esprit avant de découvrir le scénario de l'auteur.

Une histoire ramène souvent une personne à un vécu personnel et si ce vécu est trop éloigné de celui traité dans le scénario, le lecteur peut décrocher. Il dit que "ce n'est pas possible". Il est convaincu que l'histoire aurait été bien meilleure si vous l'aviez traitée comme il l'imagine, lui.

Pour imager ce propos, voici le fruit d'une intégrité artistique : "La colombe de la paix" de Monsieur PICASSO.

picasso24

 

 Imaginez que ce tableau est un scénario et regardez ce qu'il peut advenir du fait des multiples intervenants qui le lisent :

1) Le producteur dit qu'un ciel sans soleil n'est pas un ciel...

2) Le distributeur dit qu'un ciel bleu serait beaucoup mieux...

3) Le co-producteur dit qu'il faut rajouter quelques oiseaux...

4) Le diffuseur dit que la fleur dans le bec de la colombe devrait être une violette..

5) Un financier dit qu'on devrait montrer la terre...

6) Un acteur pense que l'ensemble serait tellement plus joyeux si on ajoutait une fleur rouge...

 

picassob24

 

 L'auteur est habituellement submergé et meurtri à l'écoute de tous ces points de vue différents. Ce n'est pas du tout l'idée qu'il avait de sa colombe. Il était persuadé que le noir et blanc et la sobriété du trait allaient créer un impact émotionnel très fort. A partir de là, il doit prendre le recul nécessaire pour sortir du doute et tourbillon émotionnel dans lequel ces critiques l'ont plongé.

Soit il considère que ces six nouvelles idées vont enrichir son projet, soit il considère qu'elles vont l'altérer et qu'il va disparaître en tant qu'auteur (la Colombe ne sera plus son idée mais celle de tout le monde).

S'il admet que les nouvelles idées apportent un plus et nourrissent son projet, il passera par une phase durant laquelle il se demandera pourquoi, lui l'auteur, n'a pas songé tout seul à ces apports. Il peut ressentir un sentiment d'échec, douter de ses qualités d'écriture et finir par se rabaisser. Ce qui serait une terrible erreur sur le plan personnel et professionnel.

On doit laisser à l'auteur le temps de prendre le recul nécessaire pour décider en son âme et conscience de ce qu'il advient de faire en pareilles circonstances. Il lui faut absolument faire la disctinction entre les scénarios alimentaires (commerciaux) et les projets personnels. S'il décide que le sujet qu'il a développé peut être mis dans la catégorie alimentaire, il s'adaptera et fera les changements demandés pour que le film voit le jour.

A contrario, si ce projet est personnel, il faut qu'il garde son intégrité. Il n'y a pas de souffrance pire que celle d'un univers piétiné.  Quand vous violez votre intégrité artistique sous la pression, sachez que le criminel, c'est vous. C'est terrible à entendre, j'en conviens.  C'est VOUS qui vous vous êtes laissé déposséder. Pour que le projet voit le jour, vous avez accepté qu'on en change la nature profonde. Vous avez accepté qu'on nivelle vos vallées intérieures et terrasse vos arbres. Vous êtes devenu votre propre ennemi et ce, même si la pression sur vous a été indigne et abjecte (je sais, par expérience, qu'il est très dur de garder son intégrité artistique face à des décisionnaires convaincus que vous êtes passé à côté de votre sujet).

Lorsque des propositions et des arguments nous déstabilisent et nous font douter, nous devrions, pour prendre du recul, nous poser cette question : 

- Avec ce projet, est-ce que je fais de l'alimentaire ou de l'artistique ?

Ce choix, fait en toute conscience, permet de rester serein et donne les armes qui permettent de faire face à la pression.

Ah oui ! Oubliez toute de suite la question "Est-ce que je deviendrai connu si j'accepte les modifications demandées ? " parce qu'un scénariste, quelque soit son talent, est rarement mis en avant. Il faut le savoir et l'intégrer.

Bon, maintenant imaginons que l'auteur accepte les modifications sur le script.  Regardons d'un peu plus près ce qu'il va se passer.

Un scénario est un château de cartes avec une architecture propre à la vision de l'auteur. Retirez une carte (un axe) et tout s'effondre.

A moins d'un miracle, il n'y a pas d'autre solution, lorsque l'on veut faire des changements substantiels que de casser et reconstruire le château... C'est un énorme travail méthodologique dont bien peu saisissent l'ampleur. 

Le "Et si on enlevait ce personnage ?" prononcé sur un ton léger est un vrai coup de bulldozer tant les conséquences du retrait d'un protagoniste peuvent être lourdes sur le déroulement d'une histoire.

Le travail de réécriture prend beaucoup de temps et demande beaucoup de minutie et de méthode. Enfin arrive le jour où l'auteur rend le nouveau scénario...

Le ciel blanc est devenu bleu, le soleil brille, la colombe a une violette dans le bec, il y a des fleurs, des oiseaux... Ce n'est plus son sujet mais bon, si c'est la seule alternative pour que le film se fasse...

Le réalisateur relit alors le texte et annonce qu'il a eu une idée géniale dans la nuit ! Un aigle dans un ciel nuageux serait beaucoup mieux et crèverait l'écran !

Et voilà un nouveau château de cartes péniblement reconstruit qui vole en éclats !

aigle

 

Si le scénariste, à ce stade du projet, baisse les bras, totalement découragé, on va dire de lui qu'il n'a aucun esprit d'équipe et qu'il freine le projet (!)

Est-on bien conscient des efforts qu'il a fournis jusqu'ici ?  Il avait déjà tiré un trait sur son univers pour faire de l'alimentaire et voilà qu'on lui demande à nouveau de tout casser ? S'il n'arrive pas à se remettre au boulot, selon les contrats passés, on le vire ou on lui adjoint un co-auteur frais qui va mettre en scène l'aigle demandé.

Même si le film avec l'aigle est un succès, le scénariste continuera à songer en secret à sa petite colombe...

Et si le film avec l'aigle ne marche pas, le scénariste se demandera pendant longtemps, et avec amertume, si sa petite colombe, sobre sur simple fond blanc, n'aurait pas emporté, elle, l'adhésion du public...

Aigle ou colombe, le public est TOUJOURS le seul vrai juge d'une oeuvre.

Conclusion: accepter que son scénario soit enrichi est une preuve d'intelligence, accepter de le dénaturer, c'est aller contre son intégrité...

 


Posté par maryline mahieu à 18:49 - - Permalien [#]

05 octobre 2016

THEATRE

"CARRE NOIR, CARRE BLANC

Ce texte qui démonte le racisme par l'absurde a été édité chez Art et Comédie, collection "L'oeil du Prince" en juillet 2011.

http://www.librairie-theatrale.com/ 

 

 

 

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"SANS BANC FIXE" : l'aventure de trois SDF qui se chicanent la propriété d'un banc. Une jeune maman entre dans leur square avec son bébé et va bouleverser leur existence... Texte drôle, émouvant et humaniste.

 


 RECHERCHE UN METTEUR EN SCENE POUR :

"MARIE(S) OU PRESQUE" comédie de boulevard issue de mon scénario "Marié(s) ou Presque" réalisé en 2004 par Franck Llopis (avec Bernard Le Coq et Xavier Deluc).

Un texte loufoque sur un enterrement de vie de garçon.


Posté par maryline mahieu à 14:40 - - Permalien [#]